Marionnettes

Biennale Moisson d’Avril : interview de Stéphanie Lefort

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 13/09/2016 par le département Arts Vivants à la médiathèque de Vaise

Alors que notre résidence dédiée à la marionnette s’est achevée ces jours-ci, avec le beau spectacle de la compagnie Soulier Rouge, le festival Moisson d’Avril, lui, bat son plein. La 9ème édition de la Biennale internationale des marionnettes se déroule à Lyon du 29 mars au 14 avril. Nous avons posé quelques questions à sa directrice, Stéphanie Lefort, également à la tête du Collectif Zonzons et du Théâtre des Marionnettes Guignol de Lyon.

Cie Contreciel / © Brigitte Pougeoise
Cie Contreciel / © Brigitte Pougeoise

Comment est né le festival Moisson d’Avril ?
La compagnie des Zonzons est depuis toujours l’invitée de différents festivals de la marionnette. C’est en accompagnant ses spectacles en tournée que j’ai découvert le travail des artistes marionnettistes et la grande diversité des créations. L’idée d’organiser un festival à Lyon, berceau de la marionnette en France, nous a semblé, dès 1999, une évidence. Notre objectif était de montrer que Guignol est l’un des maillons d’une chaîne qui trouve son origine 2000 ans avant notre ère et continue aujourd’hui de se renouveler.

Cette 9ème édition est-elle représentative des grandes tendances de la marionnette aujourd’hui ?
Tout à fait. Elle permet de comprendre ce qu’est la marionnette aujourd’hui : éclectique, politique, subversive. Les marionnettistes travaillent énormément sur la matière et utilisent des matériaux modernes plus riches dans leur capacité à représenter le monde. La marionnette est aussi un éloge à la complexité du réel. Une tendance qu’elle traduit en s’aventurant sur le terrain d’autres disciplines artistiques (vidéo, danse, musique).

Un spectacle de marionnettes qui vous a particulièrement marquée dans votre vie ?
Il y en a tellement… Alors parlons de celui qui m’a fait vivre mon premier grand sursaut (j’ai vraiment sursauté : surprise, incrédulité, puis… jubilation) : c’était Léonard de Vinci, un spectacle de la compagnie Flash Marionnettes. La toute première image, celle d’une vache paisible en train de brouter l’herbe… Comment dire, ça n’était rien, juste une vache, de l’herbe et du temps, le temps d’une vache broutant l’herbe, gratuitement, paisiblement… ça n’était rien et c’était en même temps le monde entier à mes pieds.

Si vous deviez conseiller un livre pour découvrir la marionnette ?
Un livre : Dédale, de Françoise Frontisi-Ducroux. Pourquoi ? Parce que, comme il est dit dans la présentation du livre, « Dédale est à la fois l’inventeur de la statuaire et le héros manipulateur et criminel d’histoires rocambolesques où le fabuleux côtoie le mélodrame. » Lisez ce livre, et vous comprendrez tout de l’art de la marionnette.

Que dites-vous aux adultes qui pensent encore que la marionnette, c’est surtout pour les enfants ? Y’a-t-il un spectacle de Moisson d’Avril que vous leur conseillez particulièrement ?
Avis de messe marionnettique, par la compagnie Contreciel : un très beau travail sur Antonin Artaud. Parfaitement inaccessible aux plus jeunes, interdiction d’entrer ! Un entre-nous salutaire pour se laisser toucher par l’écriture torturée d’Artaud et l’interprétation hallucinante de Luc Laporte. Alors, les enfants : au lit !

Pour découvrir la programmation complète du festival :
www.moissondavril.com
Des infos au jour le jour, des interviews et des photos :
Le blog de Moisson d’Avril

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