à redécouvrir

John Lee Hooker [Whisky a Go-Go Revisited] /Johnny RIVERS (1967)

- temps de lecture approximatif de 3 minutes 3 min - Modifié le 05/06/2021 par Eric

Durant les années de Gaulle et Pompidou la chanson "John Lee Hooker" et l'album du même nom connurent un très grand succès.

Johnny Rivers
Johnny Rivers

 

Dans les années 60 et 70, les discothèques de France passent beaucoup de chansons d’origines anglo-saxonnes. Et ce boogie lancinant et entêtant convient parfaitement au disc-jockey français, à la recherche d’un morceau de longue durée (15 : 48). La chanson a l’avantage d’être assez simple et inspiré des grands succès du rock et du Rhythm and Blues de l’époque. On peut ainsi reconnaitre des emprunts aux Rolling Stones, à Ray Charles, aux Them…

Les paroles sont répétitives et familières. C’est comme une sorte de melting-pot de tout ce qui fait de groovy dans les années 60 aux USA. Il y a des changements de rythmes, des breaks, des cris, des questions réponses guitare-orgue, un climax explosif, bref tout pour enflammer les pistes de danse de l’hexagone. De plus la voix chaude et un brin mélancolique, l’articulation parfaite, l’orchestration dépouillée et les sonorités familières mènent les auditeurs en terrain connu. Rien de nouveau, mais c’est efficace.

La chanson est d’ailleurs un tel succès en France que le pressage français de l’album est renommé et prend le titre de la chanson et non plus Whisky a Go-Go revisited. Le reste de l’album est une suite de reprises des tubes pop de l’époque (Percy Sledge, Beatles… )

« John Lee Hooker » – Johnny RIVERS  –  15:48

 

Johnny Rivers est un guitariste et chanteur américain. Un musicien parmi tant d’autres qui essaye de tracer sa route dans l’industrie musicale américaine bouleversée par la vague Elvis Presley. Il joue du rock’n’roll, du rockabilly, du blues, du folk, de la pop music. Au début des années soixante, il est recruté pour jouer dans un restaurant italien de Los Angeles (le Gazzari’s). Tous les soirs il interprète ce que les clients lui demandent. Il chante et joue de la guitare et un batteur l’accompagne. Les clients sont satisfaits et le public grandit. Ce qui pousse les propriétaires du futur Whiskey a Go-Go à le recruter pour leur nouveau club. Johnny Rivers embauche un bassiste et un organiste et devient résident du club.

« C.C. Rider/Got My Mojo Working » – Johnny RIVERS – 5:04

 

Le Whiskey a Go Go est une discothèque mythique à Los Angeles, et se veut une copie du club parisien du même nom. De nombreux groupes ont débuté sur la scène. Ainsi des Doors à Motley Crue en passant par Alice Cooper, Van Halen ou No Doubt tous les groupes de los Angeles ou de la région ont rêvé d’être sur la scène du Club. Mais en ce début d’année 1964, c’est Johnny Rivers qui occupe la scène et qui récolte le succès. Il enregistre quatre disques live dans le Club (Johnny Rivers at the Whiskey a Go Go (1964), Here we a Go Go again (1964), Go Johnny Go (1964), Meanwhile Back at the Whiskey a Go Go (1965)). Ces disques concourent au succès du Club et inversement.

Jusqu’à l’album qui nous intéresse : Whiskey a Go-Go Revisited (1967), ou la chanson John Lee Hooker occupe toute la face B du microsillon avec ses 15:48 de groove bluesy rock. La chanson se veut un hommage au bluesman John Lee Hooker, mais les paroles parlent de tout autre chose et font plus penser à un medley : « Baby, it’s allright… We gonna do it all the night… I can’t get no… satisfaction… Everybody say yeah… Baby please don’t go… John Lee Hooker…». L’hommage est ainsi plutôt à chercher dans le riff de guitare « à la manière » de Hooker. Et la chanson sert avant tout à faire danser le public du club Whisky a go-Go. Johnny Rivers enregistra d’ailleurs  plusieurs versions de cette chanson avec des durées variées et des titres différents dont Ode to John Lee.

« John Lee Hooker » – Johnny RIVERS – 8:43 (Album : Last boogie in Paris – 1974)

 

Johnny Rivers publie ensuite de très nombreux disques dont le succès aux USA et en Europe ne faiblit pas. Les disques contiennent de nombreuses reprises mais aussi des morceaux originaux.

Johnny Rivers n’est plus très connu de ce coté ci de l’Atlantique. Il reste pourtant un personnage  important. Et parmi ces actes glorieux on peut citer la création de son propre label qui lança le groupe Fith Dimension. Mais il fut aussi le co-organisateur du premier festival de pop music le Monterey Pop Festival (The Who, Jimi Hendrix, Janis Joplin, lui même…). Soit un des trois grands festivals rock des années 60 (avec Woodstock et Altamont) qui marquèrent leur époque.

« Secret Agent Man » – Johnny RIVERS – 3:06

Parmi les autres succès de Johnny Rivers, la chanson thème de la version américaine de la série britannique Secret agent avec Patrick McGoohan (Chapeau Melon et bottes de cuir). Et pour conclure la seule chanson de Rivers qui se haussa au sommet des charts américains, la langoureuse ballade :

« The Poor side of town » – Johnny RIVERS – 3:38

 

Voir dans le catalogue

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *