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Play with toys

- temps de lecture approximatif de 2 minutes 2 min - Modifié le 30/07/2020 par Eric

Retour sur un début du rap alternatif dans les années 90.

DC Basehead - Play with toys
DC Basehead - Play with toys

 

Au début des années 90 le rap est une musique jeune. Aux Etats-Unis, deux courants dominent et s’affrontent, représentés en gros par New York et Los  Angeles. En dehors des deux côtes américaines point de salut, Public Enemy & les californiens de Compton règnent en maître.

 

« Intro »  –  D C   B as e h e a d   –   1:03

 

« Not over you »  –  D C   B as e h e a d   –   4:38

Mais déjà, des rappeurs tentent autre chose. Arrested development s’essaye au rap rural. Et en provenance du Maryland, Michael Ivey aka DC Basehead  propose une autre voie. Il enregistre un album à la limite du rap, de la funk et de la pop, un disque bancal, surréaliste et génial : Play with toys. Tout au long des chansons, Michael Ivey témoigne de son amour pour la bière et des autres substances. Ivey en parle d’un flow nonchalant et langoureux. Il discourt sur tout et rien, il parle de dépression, des relations amoureuses et de l’état du monde, il se contredit. Interrompt les chansons, parle avec ses potes, se justifie. L’ambiance est à l’avenant, un entre-deux foutraque et somnolent.

 

« Better days »  –  D C   B as e h e a d   –   3:09

 

C’est un album à l’instrumentation sommaire, à la production approximative et ou les sonorités sont plus organiques qu’électriques. Les vrais instruments supplantent les samples. De plus Ivey rappe, chante comme un Donovan alcoolisé. Comme lui, il possède ce léger vibrato, avec lequel il marmonne des paroles paraissant embrumées par quelques produits. Et s’il ne parait jamais loin de la gueule de bois, l’ensemble fonctionne néanmoins parfaitement. Sans doute parce qu’il ne se prend pas au sérieux. Ou parce qu’il s’en fout.

C’est spontané, authentique et brillant… Et près de 30 ans après, l’album garde toute son efficacité.

 

« Ode to my favorite beer »  –  D C   B as e h e a d   –   3:42

 

 

Par la suite DC Basehead fera plus, mais pas mieux. Jamais cette combinaison de nonchalance et de je m’en-foutisme ne fonctionnera aussi bien que dans Play with toys.

Les américains appelèrent ce genre le slacker rap, soit le rap paresseux…

Le site officiel de Basehead

 

 

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