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Le brio

Yvan Attal

Un « buddy movie » entre une élève et un professeur d’aujourd'hui avec des thématiques des plus actuelles

Dans « le brio » Yvan Attal place face à face une étudiante en première année de droit habitant une cité de banlieue, jouée par la chanteuse désormais actrice Camélia Jordana et un professeur aussi réactionnaire que condescendant incarné par Daniel Auteuil. Pour se racheter aux yeux de sa hiérarchie et faire oublier une remarque déplacée, l’enseignant est prié d’aider son élève à préparer le prestigieux concours d’éloquence proposé par l’université où chacun évolue. C’est alors le début d’une amitié à couteaux tirés.

Dans ce récit, il y a surtout deux acteurs qui donnent corps à ces personnages : Lui, ce n’est pas juste un vieux professeur réactionnaire. C’est un homme seul qui a envie de hurler son incompréhension du monde, qui est en quête d’échanger avec les autres tout en ayant un besoin imminent de transmettre. Elle, ce n’est pas du tout l’archétype de la jeunesse qui provoquerait à la moindre occasion. C’est au contraire une personne déterminée, qui veut réussir, perspicace et clairvoyante.

Ils n’ont rien en commun mais vont devoir s’unir pour travailler sur l’art de l’éloquence, du langage et par extension, pas simplement sur les mots mais la réflexion, la rhétorique, la façon de poser des questions, de se poser des questions, voire de remettre en question. C’est toute une pensée, une véritable démarche rendue possible grâce à la langue française, cette matière qu’il enseigne et  défend, car elle porte en elle toutes les promesses de liberté, d’égalité, toute l’histoire magnifique des lumières.

C’est un film brillant, très fins mais aussi très drôle. Ce qui émeut, entre autre, est que l’intelligence balaye tous les clichés, tous les préjugés et qu’au-delà, il est possible de rassembler. Il y a aussi cette façon naturelle de transmettre pour pouvoir se défendre de la meilleure façon qui soit, c’est à dire avec la maîtrise du langage et l’ouverture à la culture. A travers cette histoire, Yvan Attal nous amène à nous questionner sur le déterminisme social et comment l’éducation permet parfois d’y échapper.

Voir dans le catalogue de la BML

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