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Dawson City : le temps suspendu

Réalisé par Bill Morrison

L'ouest canadien et ses pépites englouties

 

Dawson City : le temps suspendu retrace l’histoire d’une ville située dans le territoire du Yukon sur la rive de la rivière Klondike. Sorti de terre à l’occasion de la ruée vers l’or, le lieu accueillit son lot d’aventuriers (Jack London), d’entrepreneurs (le bavarois Fred Trump y fit fortune) mais compte aussi ses sacrifiés : le peuple autochtone Tr’ondëk Hwëch’in (« Peuple de la rivière » en langue Han) dont l’habitat fut détruit et les familles déplacées pour laisser place à la « civilisation ».

Le documentaire débute avec la découverte, en 1978, de 533 boites de films qui reposaient enfouies sous l’ancien centre de loisir de Dawson depuis plus d’un demi-siècle. Le principe de fabrication de la pellicule nitrate et sa haute dangerosité, qui provoqua l’incendie du Bazar de la Charité à Paris, est évoqué pour mieux rendre compte du caractère exceptionnel de cette trouvaille.

Malgré une introduction convenue, on est très vite happé par la musique d’Alex Somers qui accompagne la présentation des nombreux extraits de films retrouvés. Issus de sources diverses, ces films sont les témoins rares d’une époque et dévoilent notamment des images de la marche silencieuse contre les violences subies par les Afro-Américains du 28 juillet 1917 à New-York et des séquences d’actualités consacrées à la répression antisyndicale américaine, thème cher au réalisateur. Y figurent également le passage d’un court-métrage de la pionnière du cinéma Alice Guy-Blaché, ainsi que des images provenant du British War Office.

Enfin, ce très beau film atteste du féroce appétit pour le cinéma, d’ici et d’ailleurs, des premiers habitants de Dawson City.

 

Voir dans le catalogue de la BML

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