Violence d’État, violences policières

- Modifié le 30/06/2020 par L'anagnoste

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Justice for Jamar, Minneapolis (MN), 15 novembre 2015 (protestation contre le meurtre par la police de Jamar Clark) – Fibonacci Blue from Minnesota, USA / CC BY (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)

L’effroyable meurtre de George Floyd a remis en lumière la question des assassinats de Noirs par la police aux États-Unis et réveillé les problèmes de racisme dans la police française, réinterrogeant du même coup les limites et les abus de la violence d’État.

Norbert Elias a précisé le dualisme de cette violence dite légitime : « Ces monopoles de la violence physique, qui sont aujourd’hui généralement contrôlés par les gouvernements des États, représentés par l’armée et la police en tant qu’organes exécutifs, sont, comme tant d’inventions humaines, des réalisations à double tranchant ; ils ont une tête de Janus. Tout comme l’invention du feu a permis de cuire les aliments et d’incendier des huttes et des maisons, tout comme l’invention de la ferronnerie a fait progresser l’agriculture et la conduite de la guerre, tout comme le nucléaire peut être une source d’énergie et une arme terrible, les inventions sociales aussi peuvent avoir deux visages. La formation de monopoles de la violence physique en est un exemple. »

Dominique Linhadt a placé cette citation en exergue de son essai Un monopole sous tension : les deux visages de la violence d’État (conférences de 2016 et 2018).

Sur ce même thème, le sociologue Didier Fassin, auteur en 2011 de La Force de l’ordre, a publié en janvier 2020 une tribune dans Libération intitulée Nommer la violence d’État.

Par ailleurs, la violence policière a fait l’objet de plusieurs recours devant la Cour européenne des droits de l’homme (jugements publiés par Frédéric Fabre sur son site FBLS), tandis que Le défenseur des droits dénonce la discrimination « systémique » (sous-entendu vis-à-vis des minorités interpellées par la police) (Juliette Bénézit, Le Monde, 04/06/2020). (Rapport complet 2019).

Enfin, les Noirs tués sous le regard de caméras ou de smartphones ne datent pas d’hier aux États-Unis, c’est ce que montre l’article Vidéos. Tirs à tout-va et préjugés raciaux, les défauts qui plombent la police américaine paru en 2014 (Lucas Godignon, L’Express, site web). Quant à 23 Ways You Could Be Killed If You Are Black in America (23 raisons de vous faire tuer si vous êtes Noir aux États-Unis), un film militant réalisé en 2016, il témoigne de la futilité des motifs des « tirs à tout-va » évoqués par le journaliste.

Dans le catalogue de la BML :

Black lives matter de Keeanga-Yamahtta Taylor (2016, trad. fr. 2017)

Huit ans au pouvoir : une tragédie américaine de Ta-Nehisi Coates (2017, trad. fr. 2018)

L’art de fuir : enquête sur une jeunesse dans le ghetto d’Alice Goffman (2014, trad. fr. 2020)

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