Un gène qui protège du froid

- scorroyer

Selon une étude parue récemment, plus d’un milliard de personnes dans le monde ne posséderaient pas dans leur organisme, la protéine alpha actinine-3. Cette étude a été publiée dans l’American Journal of Genetics. Elle se trouve habituellement dans les fibres musculaires.

Les fibres musculaires peuvent être à contraction rapide, ou à contraction lente, alors plus résistantes à la fatigue.

L’absence de la protéine alpha actinine-3 serait liée à la modification d’un gène. Cette mutation est lié à une mutation du gène qui code la protéine.

Ce particularisme leur permettrait de mieux résister au froid. Cette évolution serait liée au fait que les hommes ont migré, il y a de nombreuses années. Ils sont partis de l’Afrique pour venir vivre dans des zones plus froides, en Europe Centrale et en Europe du Nord.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l’Institut Karolinska ont réalisé une expérience. Ils ont observés 42 hommes âgés de 18 à 40 ans, qui portaient ou non le gène variant.

Ceux-ci se sont assis dans une eau froide (14°c), qui allait jusqu’au niveau de leur cou. Ils y sont restés jusqu’à ce que la température de leur corps baisse de façon importante, et que l’expérience se termine.

Ils sont restés assis dans l’eau froide durant 20 minutes, avant de sortir de celle-ci l’espace de 10 minutes pour se reposer à température ambiante. Suite à cela, ils sont retournés dans l’eau froide pour 20 minutes.

L’expérience s’est prolongée jusqu’à ce que leur température corporelle atteigne 35,5°c ou après 120 minutes passées dans l’eau froide.

Les chercheurs ont étudié l’électricité des muscles par électromyographie. Des biopsies musculaires pour étudier la teneur en protéines et la composition des différents types de fibres ont également été réalisées.

D’après les résultats, 69% des participants avec le gène variant ont pu maintenir leur température corporelle au-dessus de 35,5°C durant tout le temps de la baignade en eau froide, contre seulement 30% des individus du groupe témoin.

De plus, les chercheurs ont découvert que les muscles squelettiques des hommes sans alpha actinine-3 possédaient une proportion plus importante de fibres musculaires lentes.

Une fois habitués aux conditions de froid, ils ont eu plus de facilités à maintenir leur température corporelle à un certain seuil.

En effet, ils produisaient de la chaleur en augmentant l’activité basique des fibres lentes plutôt que d’utiliser des fibres rapides qui elles, leurs auraient provoqué des frissons.

Une incidence sur les performances sportives

Le professeur Westerblad qui a mené cette étude va plus loin, et affirme que : « les personnes qui manquent d’alpha actinine-3 sont rarement douées pour les sports qui nécessitent force et explosivité, alors que cela aurait tendance à augmenter la capacité de ces personnes dans les sports d’endurance. »

C’est d’ailleurs ce qu’avait montré Kathryn North et son équipe de chercheurs de l’Université de Sydney dans le cadre d’études menées entre 1999 et 2007.

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