« Quelles quantités de merdes molles on rencontre à chaque pas que l’on fait »

- Boxer

Ils sont inséparables. Du moins par la pensée.

L’un est le fils spirituel de l’autre. Et l’autre s’en tient à prodiguer des conseils et remuer la cocotte quand la cocotte s’échauffe ou pire, se refroidit.

On les tient pour d’horribles misanthropes. On ne les souhaiterait pas autrement.

Ils maudissent, cancanent, maugréent, vomissent. Il faut dire que leurs contemporains élèvent la médiocrité à des hauteurs insoupçonnées.

Ils nous ont laissé une inestimable Correspondance. Inspirante. Irrévérencieuse. Nécessaire.

Parfois, entre deux lettres, le conseil grincheux se grime en leçon de vie douce-amère :

« Je me résume, mon cher Guy : Prenez garde à la tristesse. C’est un vice, on prend plaisir à être chagrin et quand le chagrin est passé, comme on y a usé des forces précieuses, on en reste abruti. Alors on a des regrets, mais il n’est plus temps. Croyez-en l’expérience d’un scheik  à qui aucune extravagance n’est étrangère. Je vous embrasse tendrement. Votre vieux.  »

Boule de Suif sortira en 1880.

La même année, Flaubert meurt.

Maupassant ne s’en remettra jamais tout à fait.

 

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *