Napoléon : une nouvelle polémique

- Modifié le 17/02/2021 ABC

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Napoléon franchissant les Alpes de Jacques-Louis David

La commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte divise. Faut-il commémorer l’Empereur, décédé le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène ?

Deux siècles après sa mort, la controverse est lancée : le personnage historique préféré des Français, l’homme le plus puissant de son époque, conquérant de l’Europe, bâtisseur de l’Etat moderne, a été appelé le « fossoyeur de la Révolution ». Il a instauré l’Empire, conduit une guerre incessante en sacrifiant environ un million de soldats, inscrit l’infériorité juridique de la femme dans le Code civil et surtout rétabli l’esclavage.

Entre le mythe et la vérité historique sur Napoléon Ier, tout en suscitant quelques passions, l’année 2021 sera l’occasion, d’une part, de faire le point sur la recherche historiographique napoléonienne et, d’autre part, de mettre en lumière les épisodes glorieux et les moments plus sombres de l’histoire de France.

 

Napoleon the Little in a rage with his great French eagle, Thomas Rowlandson

 

Pour aller plus loin :

 

Napoléon : le bicentenaire de sa mort fait polémique

 

Histoire de Lire : Xavier Mauduit, Thierry Lentz, Charles-Eloi Vial

 

2021 : l’année Napoléon – C l’hebdo. Entretien avec Jean Tulard

 

Thierry Lentz :  » Napoléon n’est pas comme le commun des mortels « 

 

L’Anti-Napoléon : la légende noire de l’Empereur, Jean Tulard, éd. Gallimard, 2013

 

Napoléon : l’homme le plus connu après Jésus-Christ, un film de David Grubin, 2005

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2 thoughts on “Napoléon : une nouvelle polémique”

  1. jullien dit :

    En ce qui concernent les chiffres cités concernant les pertes des guerres des travaux récents publiés et cités par Alain Pigeard dans le Dictionnaire de la Grande Armée ou encore par Jean Pierre Poussou dans le Dictionnaire Napoléon dirigé par Jean Tulard ont permis de donner une fourchette comprise entre 700 000 et 840 000 morts pour la période de guerre s’étalant entre l’an XII et 1815; rappelons que la Première Guerre mondiale a entraîné la perte de 1.450.000 Français en quatre années. Par ailleurs lorsque l’on s’intéresse aux causes de ces décès on s’aperçoit que la part des tués « au feu » est inférieur à 10 % des pertes totales. Le plus grand nombre de décès est le résultat de la transmission des maladies et des décès des prisonniers en captivité ( que l’on songe aux ignobles conditions de détentions de nos compatriotes dans les  » pontons » britanniques au moment où les autorités françaises ont décidé de participer aux commémorations de la bataille de Trafalgar !). Mon but n’est pas ici de se livrer à une querelle de chiffres tendant à masquer le caractère tragique de la disparition de milliers de jeunes hommes mais simplement de montrer qu’il convient de relativiser la portée de chiffres imprudemment avancé sans « examen historique » poussé. Il convient aussi de s’interroger concernant les responsabilités des guerres. En 1805, 1806, 1807, 1809, 1813 l’Autriche, la Russie, la prusse et l’angleterre ont déclaré la guerre à la France. Loin de moi l’idée d’écarter Napoléon de toute responsabilité dans les conflits qui ont déchiré l’Europe au début du XIXème siècle. La politique du blocus continental et la volonté de privilégier les intérêts politiques et économiques de la France ont provoqué de nombreuses réactions d’hostilités au sein des populations européennes. Toutefois il convient aussi de prendre en compte le rôle joué par les autres puissances européennes. Jean Bérenger et Jean Meyer dans leur ouvrage La France dans le monde au XVIIIème siècle évoquent les enjeux économiques opposant les bourgeoisies françaises et anglaises entre 1689 et 1815 au cours de ce qu’ils ont appelé  » la seconde guerre de cent ans ». De plus n’oublions pas qu’aux yeux des souverains étrangers Napoléon restait un parvenu incarnant  » l’hydre révolutionnaire » qu’il convenait d’abattre grâce au soutien apporté par l’or britannique ( la fameuse « cavalerie de Saint Georges ! » ).

    1. ABC dit :

      Un grand merci pour votre commentaire, merci également d’avoir manifesté de l’intérêt pour l’Influx !
      La question des chiffres avancés est, certes, relative et discutable, et la marge d’erreur varie selon les sources et donc les façons de compter et les discours auxquels ces données viennent à l’appui. Cela concerne tout autant la période napoléonienne que d’autres périodes de conflits. De toute évidence, la Grande Guerre – pour reprendre votre exemple – a vu évoluer les techniques de combat et appliquer les armes de destruction massive et aucun conflit auparavant n’avait atteint ce niveau d’efficacité dans la destruction. A la fin du conflit vint la grippe espagnole…
      Impossible donc de ne pas être d’accord avec la volonté de nuancer et inscrire dans le contexte historique (les rivalités et les réalités de l’époque) toutes données qui illustrent des faits, leurs causes et conséquences. Néanmoins, il s’agissait ici uniquement d’esquisser les axes principaux de la polémique naissant autour des célébrations du bicentenaire de la mort de Napoléon, étant donné que l’espace d’une brève est assez restreint.

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