Les mots nous manquent

- par FLO L

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L’année est bien fichue

Car Alain Rey n’est plus

 

Transmettre et partager son savoir et sa culture n’est pas donné à tout le monde. Dans ce domaine on peut dire qu’il y a les citernes et les fontaines. L’image parle d’elle-même.

Le linguiste et lexicographe Alain Rey qui vient de nous quitter possédait assurément toutes les qualités d’une fontaine. La métaphore est aisée à filer : on buvait ses paroles qui coulant comme de l’eau de source épanchaient notre soif de connaissance.

Quel plaisir d’écouter,entre 1993 et 2006, un peu avant 9 heures, sa chronique du « Mot de la fin » sur France Inter qui a la généreuse idée de les proposer de nouveau à nos oreilles. Il présentait sous toutes ses coutures un mot en lien avec l’actualité. On avait ensuite ce sentiment réconfortant de s’être enrichi un peu de son savoir.

Alain Rey, s’il n’a pas eu d’enfant, a conçu des dictionnaires, beaucoup de dictionnaires, certains aux côtés de son épouse Josette Rey-Debove. À commencer bien sûr par Le Grand Robert de la langue française, publié à partir de 1953 et suivi d’un petit frère en 1967 : le Petit Robert.

Homme plein d’humanité il rédigea également des dictionnaires amoureux : celui, en toute logique, des dictionnaires, et plus surprenant, celui du diable.

En fin observateur, mais nullement conservateur, de la langue française, il la voulait vivante, apte à se défendre mais aussi capable d’évoluer et d’accueillir la nouveauté. Il militait par exemple pour l’accentuation des majuscules mais s’opposait à l’écriture inclusive qu’il jugeait tout bonnement « inutile ».

Votre clairvoyance va tant nous manquer Monsieur !

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