Le prix Goncourt menacé par une pénurie de papier ?

- Benoît S.

Quand un éditeur gagne le Goncourt, c’est le jackpot, il doit, la plupart du temps, faire réimprimer 100 000 exemplaires en urgence pour satisfaire la demande (enfin, pour cela, mieux vaut récompenser Hervé Le Tellier que l’exigeant Pascal Quignard, dont Les ombres errantes ont reçu la distinction suprême en 2002).

Or, la filière du papier connaît une tension inhabituelle depuis quelques mois. Les éditeurs sont ainsi confrontés à une hausse des prix et à des retards d’approvisionnement.

En effet, le monde de l’édition a pu constater, au début de l’été, au moment où sont imprimés les livres de la rentrée littéraire à venir, des délais allongés. Jusqu’à 10 semaines parfois contre 3 à 5 semaines en temps normal.

Une incertitude majeure pour les éditeurs  lorsque l’on connaît la saisonnalité de cette économie fortement conditionnée à la remise des différents prix littéraires, durant l’automne.

La crise sanitaire a bien évidemment joué un rôle déterminant dans cette nouvelle donne, en se superposant à des causes plus structurelles (voir l’article du Monde, “La pénurie de papier : le roman noir de la rentrée littéraire”, du 17 septembre 2021) .

La production de livres s’étant totalement arrêtée pendant plusieurs mois, les fabricants de pâte à papier se sont ainsi réorientés vers un débouché plus lucratif. Produire des emballages cartons.

En effet, l’explosion de la vente sur Internet pendant la crise du Covid a eu pour conséquence de faire flamber la demande en carton et les prix de la matière première.

Est-ce que nous assistons à une évolution durable ? Car, comme le souligne, l’article “Crise du papier en France : pourra-t-on imprimer le prix Goncourt ? “ du site Internet Actualitté, du 24 août 2021 :

« Le papier – imprimé livre et presse, magazine, etc. – représente à peine 10 % de la production mondiale. L’emballage pèse pour l’immense majorité. » Or, le papier est aussi la partie la plus raffinée, nécessitant une plus importante transformation.

 

 

 

 

 

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