En Bretagne, des irréductibles résistantes

- par Département Civilisation

Sur l’île de Sein, la venue de Marine Le Pen en catimini le mercredi 18 juin 2020 pour commémorer l’appel du Général de Gaulle a créé une vive polémique : beaucoup ont dénoncé une récupération politique de cet évènement par l’extrême droite. Alain Bodivit, président des combattants volontaires de la Résistance du Finistère, a même qualifié cette venue de « honte », n’hésitant pas à rappeler la présence de descendants pétainistes et anti-gaullistes dans ce qui est l’actuel parti du Rassemblement National. L’île représente un des fiefs de la Résistance française : c’est de là que sont partis 128 Sénans pour rejoindre Londres et les troupes alliées, suite à l’appel du Général. Ce dernier déclara à propos de l’île le 30 août 1946 « La France entière saura qu’il y avait sur l’océan une bonne et courageuse île bretonne dont l’exemple magnifique deviendra légendaire ».

Ces 128 Sénans étaient des hommes, mais il est trop souvent oublié que de nombreuses femmes en Bretagne ont participé à la Résistance et 1.173 furent porteuses de la carte de Combattant Volontaire de la Résistance. Peu d’ouvrages, même de nos jours, parlent de ces femmes. Mais en examinant les dossiers de demande de carte, les archivistes et l’historienne Isabelle Le Boulanger ont pu mettre en lumière leur rôle majeur pendant cette période historique : agentes de liaison, infirmières, hébergeuses… Elles ont distribué des journaux clandestins, fabriqué de fausses cartes d’identité, fourni des renseignements. Elles ont également assuré le transport d’armes et de munitions, ainsi que la transmission de documents compromettants. Depuis cette période où les femmes étaient marginalisées de la vie publique, il a fallu du temps pour que ces personnalités féminines qui ont marqué la Résistance soient mises en lumière. Si l’infirmière Germaine Quoniam a été décorée en 1946, notamment pour avoir permis l’évasion de nombreux prisonniers de guerre, l’agente de liaison Franciska Le Meaux a dû attendre 2011 pour recevoir la Légion d’Honneur.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’ouvrage Bretonnes et résistantes (1940-1944) : approche socio-historique d’un engagement hors normes /Isabelle Le Boulanger

Bretonnes et résistantes. Isabelle rend hommage aux oubliées de l’Histoire

Voir aussi:

Sein, îlot de résistances, article du Monde

Sein, 18 juin 1940 : ils étaient le quart de la France / Jean-Paul Ollivier

Henriette Le Belzic, résistante déportée : de novembre 1941 à avril 1945 : mémoires d’une Bretonne dans l’enfer concentrationnaire nazi / H. Le Belzic

Résistantes/ Corinna von List

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *