Eglise catholique : des serviteurs de Dieu sur la voie de la sainteté…

- Modifié le 24/06/2022 MC

 

Pauline Jaricot

Charles de Foucauld

Ce dimanche 15 mai 2022 a été canonisé Charles de Foucauld, explorateur et géographe, prêtre et ermite. Le dimanche suivant, Pauline Jaricot, figure missionnaire lyonnaise du XIXème siècle, a été béatifiée. Au-delà de leur parcours singulier, empreint de générosité et d’empathie, il est intéressant de comprendre les raisons d’une telle élévation, et le processus de reconnaissance suivi par l’Eglise catholique.

Les trois étapes de reconnaissance par l’Eglise :

  • La personne est déclarée vénérable, sur demande d’un tiers, et après enquête du diocèse de son lieu de décès. C’est une commission composée notamment de théologiens et d’historiens qui rédigera un compte rendu. Cette enquête va vérifier l’héroïcité des vertus du défunt. Le(a) candidat(e), religieux(se) ou laïc(que), doit avoir vécu et être mort(e) en odeur de sainteté (odeur suave se dégageant des corps de certains saints myroblytes après leur mort) ou plus communément en état de grâce. Il ou elle doit avoir un rayonnement spirituel après sa mort, nourri de témoignages attestant de ses vertus. Puis on sollicite la reconnaissance Papale. Celle-ci arrive par décret.
  • La personne est déclarée bienheureuse quand elle est en plus à l’origine d’un miracle, attesté et validé par l’Eglise. Par la béatification, le culte est réservé à une cité, à un Diocèse, à une famille spirituelle.
  • La personne est enfin canonisée quand elle est à l’origine d’au moins deux miracles. Son culte est ainsi étendu à toute l’Eglise universelle.

La canonisation prend la forme d’une déclaration solennelle par laquelle le pape, à la suite d’une longue enquête, ou procès, inscrit un personnage au catalogue des saints et autorise qu’un culte public lui soit rendu. Par cette déclaration, l’Eglise reconnait que le défunt œuvre au Paradis pour les Hommes, intercédant auprès de Dieu. L’Eglise estime par ailleurs que sa vie a été empreinte d’une telle perfection chrétienne qu’elle peut être donnée en exemple aux fidèles.

Ainsi Charles de Foucauld, décédé en 1917, et dont le procès en reconnaissance a débuté 10 ans après sa mort, n’a été reconnu vénérable qu’en 2001. Béatifié en 2005 par Benoit XVI suite à la connaissance d’un miracle en Italie, c’est un second miracle, celui-ci en France à Saumur en 2016 qui va permettre cette canonisation.

La lyonnaise Pauline Jaricot est déclarée vénérable en 1963, soit une centaine d’années après son décès. Et c’est la reconnaissance par Rome d’un miracle survenu en France en 2012 qui a conduit à sa béatification, célébrée à Lyon le mois dernier.

 

Hildegarde von Bingen

Une exception du droit canon : la question du miracle peut être contournée, c’est le sens de la canonisation équipollente, utilisée notamment par Benoit XVI en 2012 pour élever Hildegarde de Bingen au rang de Sainte. Cette abbesse mystique, visionnaire, tout à la fois naturaliste, peintre et musicienne, était déclarée bienheureuse depuis le XIIème siècle. Le Pape l’a nommée à cette occasion Docteure de l’Eglise.

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