Coup de froid sur la littérature

- Yôzô-san

En attendant l’automne, ses pluies de feuilles mortes et sa rentrée littéraire  ̶  qui pour la première fois en 20 ans se composera de moins de 500 romans (490  seulement ont été recensés par Electre Data Service)  ̶  le thermomètre ne cesse de grimper et partout la canicule s’affiche. Et si les médias nous répètent inlassablement les bons gestes à adopter en période de canicule (s’hydrater, éviter de sortir aux heures les plus chaudes, prendre des nouvelles de nos proches les plus fragiles, etc.) pour y résister physiquement, force est de reconnaître que cette chaleur qui accable nos corps, frappe aussi nos esprits. Alors que tournent alors en boucle dans nos têtes des phrases comme « Il fait trop chaud », « Combien va-t-il faire demain ? », « Quand est-ce que le mercure redescend ? », nous vous proposons une petite sélection de romans qui vous transporteront dans des confins gelés, au milieu d’une nature balayée par des vents glaciaux… De quoi souffler un peu, le temps d’une lecture.

pictureZona frigida, Anne B. Ragde

Une croisière en direction du Spitzberg, archipel de la Norvège septentrionale. À bord de l’Ewa, des touristes du 3e âge désireux de voir morses, fulmars, ours et narvals dans leur milieu polaire naturel, et une jeune caricaturiste alcoolique d’à peine 35 ans soit disant là pour changer de décor.  Mais une fois les amarres larguées, au fur et à mesure que le navire avance au milieu des eaux gelées, Béa apparait sous un jour nouveau. Comme si elle n’avait pas choisi ce bateau par hasard… Lauréate (entre autre) du prestigieux prix Brage pour sa trilogie des Neshov, Anne B. Ragde nous régale ici avec un roman mêlant tension entre les personnages et finesse d’analyse des comportements humains. Une histoire glaçante dans laquelle la vengeance a rarement été un plat consommé plus froid.

 

pictureDe pierre et d’os, Bérengère Cournut

Entre roman d’aventures et roman ethnographique, Bérengère Cournut nous invite à suivre le périple d’Uqsuralik, toute jeune femme inuit, qui va être inopinément séparée de son peuple quand la glace de la banquise va céder sous ses pieds. Récit dépaysant à souhait qui nous entraîne au cœur du chamanisme et des légendes Inuits avec un texte empreint de poésie, dans la veine de son précédent roman, Née contente à Oraïbi.

 

pictureOiseaux de tempête, Einar Kárason

1959, alors que leur campagne de pêche touche à sa fin, les hommes du chalutier Mafur vont se trouver prisonnier d’une météo plus qu’hostile. Un vent terrible se lève, la mer s’agite et les températures chutent amenant avec elles le pire ennemi qui soit en ces lieux : la glace. On imagine un bateau pris dans un océan gelé gêné dans sa progression. Mais ce à quoi sont confrontés les hommes du Mafur est bien pire. Avec ces températures extrêmes, c’est sur le bateau même que la glace se forme, recouvrant petit à petit le pont, les bastingages, la passerelle, tout… Et la glace pèse lourd, trop lourd pour que le navire ne soit pas en péril. Dès lors, ces marins vont devoir, nuit et jour, sans repos, à bout de force, lutter avec des outils dérisoires contre cet ennemi implacable. Un roman dans lequel, face à la tragédie s’élèvent des personnages lumineux.

 

picturePour les amateurs de fantastique qui voudraient frissonner d’effroi nous ne saurions que trop vous conseiller de vous plonger dans les deux classiques que sont, Terreur de Dan Simmons qui raconte l’histoire d’un corps expéditionnaire du XIXe siècle, pris dans les eaux glacées de l’Arctique et confronté à une créature terrifiante qui s’en prend à l’équipage, et La chose de John W. Campbell dans lequel une équipe de scientifiques doit composer avec une créature inconnue et particulièrement féroce qu’ils ont découverte prise dans les glaces de l’Antarctique.

 

pictureEt pour les passionnés de polar ? Le tueur implacable du Bonhomme de neige de Jo Nesbø saura à coup sûr leur faire froid dans le dos.

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One thought on “Coup de froid sur la littérature”

  1. Benand dit :

    bonjour Yôzô-San ( je n’ai toujours pas encore trouvé qui se cache -à juste titre-derrière ce pseudo ni derrière celui de chineuse de culture !! (A B peut-être ?)
    merci pour vos articles tip top et ces nouvelles fraiches du dépt litt – MJ

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