Avantur nan Madonna nwa a

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Fresque du temple Rasin San Bout de Cazale figurant Ezili Dantor

La représentation syncrétique d’une des principales loa ou divinités du culte vaudou, Ezili Dantor, est associée à l’icône de la Vierge noire de Czestochowa, arrivée à Saint-Domingue avec les légionnaires polonais envoyés en 1802 par Napoléon afin d’étouffer la rébellion des esclaves. Une partie d’entre eux a déserté pour changer de camps.

 

Constitué d’éléments hétérogènes, issus principalement de cultes ouest-africains, entrés en contact avec le christianisme catholique, le vaudou est une religion populaire. Les convergences entre l’icône de la  Vierge noire et Ezili Dantor, protectrice des femmes, génie de l’amour et de la fertilité, semblent multiples. En effet, toutes les deux sont mères, elles ont la peau sombre portant des marques de cicatrices sur le visage. L’habit de la Madone de Czestochowa est bleu, couleur symbolique d’Ezili. L’étoffe est ornée de lys qui rappelaient aux Haïtiens les armes de France. Dans les représentations de la déesse, c’est sa fillette, Anaïs, qui prend la place de l’enfant Jésus, une coiffe de feuilles d’ananas en guise d’auréoles.

 

La Vierge noire de Czestochowa

La Vierge noire de Czestochowa

 

Très puissantes, considérées comme mères ou reines de leurs pays, soutenant leurs défenseurs, ces femmes partagent de nombreux points communs. Ezili Dantor semble toutefois plus friande de coqs et surtout de cochons noirs qu’elle reçoit en offrande pour son anniversaire. Cette guerrière, représentée parfois avec un couteau à la main, paraît aussi un tantinet plus susceptible que la Vierge.

 

Ezili Dantor, collage haïtien contemporain

Ezili Dantor, collage haïtien contemporain

 

 

 

Pour aller plus loin :

Le vaudou haïtien d’Alfred Métraux, Paris, éd. Gallimard, 2003 ;

Dieu dans la vaudou haïtien de Laënnec Hurbon, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002 ;

Le vodou haïtien : entre mythes et constructions savantes de Lewis Clorméus, Paris, éd. Riveneuve, 2015.

 

 

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