Théâtre

Harcèlement en milieu scolaire : de quoi en faire un drame

- temps de lecture approximatif de 6 minutes 6 min - Modifié le 20/01/2022 par le fonctionnaire inconnu

Pendant longtemps, les injures de cour de récré ont été - presque - considérées comme du folklore. Se faire traiter de grosse vache quand on est plus grosse que la moyenne, de poil de carotte quand on est roux ou de fayot quand on est le meilleur élève de la classe, au pire faisait sourire, au mieux semblait normal. Tête de turc et souffre-douleur semblaient liées à l'enfance comme le sont une partie de cache-cache ou de ballon prisonnier !! Depuis une dizaine d'années, en lien avec l'émergence des réseaux sociaux, le harcèlement scolaire, à l'instar d'autres formes de harcèlement, est devenu une préoccupation majeure de nos sociétés.

Pour rire pour passer le temps, de Sylvain Levey.
Pour rire pour passer le temps, de Sylvain Levey. Théâtre Spirale (Voiteur, 39). Photo : Droits réservés Emile Zeizig / Mascarille.fr (zeizig @ gmail.com).

Aux yeux de tous, le harcèlement est devenu insupportable. Et intolérable. Pour autant, il est très difficile d’y mettre fin. Et chaque action compte. Le Ministère de l’Education Nationale s’en est désormais emparé en prenant plusieurs décisions concrètes : création du 3019 et du 3020, des numéros d’écoute au service des victimes ; interdiction d’utiliser le téléphone portable à l’école pour limiter le cyberharcèlement ; formation de plus de 20 000 élèves “ambassadeurs” pour repérer et aider des camarades en difficulté ; instauration d’un programme Phare de prévention associant toutes les personnes concernées.

Au-delà de ces dispositifs mis en place dans le cadre scolaire, de nombreux auteurs dramatiques se sont emparés de ce thème ces dernières années et leurs pièces ont rencontré un écho très fort dans les salles de spectacle ou dans les cours de théâtre. C’est le cas par exemple de Cross, chant des collèges, de Julie Rossello-Rochet ou de Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? de Sylvain Levey, un texte qui a trouvé sa place au sein de la collection Folio+collège de Gallimard aux côtés de Roméo et Juliette ou de Cyrano de Bergerac !

Voici notre sélection complète des meilleures pièces de théâtre sur le sujet, à lire ou à jouer, qui pourront contribuer à libérer la parole et éviter des drames à venir  :

Ecole primaire

Le journal de Grosse patate / Dominique Richard

Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths, en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. La petite fille harcèle un petit garçon car elle est elle-même harcelée et ça la défoule… Dans ses rêves elle rencontre l’homme en noir qui l’aide aussi à mieux comprendre. Pièce drôle et cruelle comme l’enfance.

Mon ami le banc / Emmanuel Darley

Dans un coin de la cour, une petite fille est assise sur un banc. Muette, elle regarde les autres enfants jouer. Elle voudrait être comme tout le monde et que personne ne lui trouve à redire. Elle s’appelle Mure. Gilles, lui court, joue au football comme tout le monde. Mais ce qui l’intéresse vraiment c’est Mure. Et puis il y a les quatre reines de la cour de récré qui font leur loi…

Les Vilains Petits / Catherine Verlaguet 

Injures, insultes, surnoms méprisants, mise à l’écart… dans la cour de récréation, les enfants ne prennent pas de gants, souvent cruels quand ils ont décidé de s’attaquer à un des leurs. Mais le vilain petit n’est pas toujours celui que l’on croit. Et d’ailleurs, « vilain », qu’est-ce que ça veut dire ?

Il a beaucoup souffert Lucifer / Antonio Carmona

Un orphelin de dix ans est surnommé Lucifer par ses camarades de CM2 qui lui font vivre un enfer. Humiliations, moqueries, violences physiques orchestrées par Gabriel, le meneur du supplice et ancien meilleur ami de Lucifer. Lucifer choisit alors d’étudier son bourreau à la loupe pour mieux le comprendre. Car après tout, c’est peut-être Gabriel qui va mal ?

Collège et lycée

Mouton noir / Alex Lorette

Camille, 15 ans, s’enfonce chaque jour un peu plus dans un douloureux quotidien rempli d’humiliations. Autant de jeux cruels que la bande aime réinventer et amplifier. Sans doute Camille est-elle une jeune fille un peu spéciale, trop renfermée, comme la présentent les adultes qui l’entourent. Mais qui l’écoute ? Qui essaie de saisir les petits signes qui constituent autant d’appels à l’aide face au harcèlement dont elle est victime ?

Ce qu’ils disent (Sale hope) / Marine Auriol
in Nouvelles mythologies de la jeunesse

Le comportement d’Helena est la cible des commentaires d’un chœur adolescent. La jeune fille se voit ainsi jugée et harcelée par tous au collège, sans personne pour l’écouter. Pour se protéger, faut-il absolument étiqueter avant d’être étiqueté(e) ?

Chant de mines / Philippe Gauthier

Noël arrive dans un orphelinat. Trois gamins, Léo, Mathieu et Pat’bol, ont commandé des prothèses. Pour remplacer leurs membres manquants et jouer au foot. La pièce aborde les thèmes de la souffrance mais aussi du harcèlement à travers le personnage de Pat’bol. “La situation, horrible, est traitée de manière légère, voir drôle. Il ne s’agit pas, pour moi, de rire de la souffrance de ces gamins, mais plutôt de montrer que, malgré cette souffrance, ils restent des enfants comme les autres. Parfois cruels.” Philippe Gauthier

Lorsque au petit matin parut l’Aurore aux doigts de rose / Sabine Tamisier
in Nouvelles mythologies de la jeunesse

Yoan, 11 ans, est victime de harcèlement scolaire. Il vit seul avec sa mère. À l’image de Télémaque, il veut partir à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu, disparu en mer lors d’une tempête – mais la révélation d’un secret va changer son destin.

Portrait d’une sirène  / Pauline Peyrade

Portrait d’une sirène rassemble trois contes noirs (Princesse de pierre ; Rouge dents ; Carrosse), trois figures féminines qui donnent corps à la violence, au sauvage, au monstrueux comme autant de forces de résistance aux identités-carcans imposées aux filles et aux femmes aujourd’hui. Trois portraits de femmes en mouvement, en lutte.

Les réseaux sociaux

Michelle doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? / Sylvain Levey

Michelle a-t-elle accompli son devoir de mémoire en prenant ce selfie ? A-t-elle sali le passé en posant tout sourire devant les vestiges de la Shoah ? Les avis divergent sur les réseaux sociaux, les commentaires fusent, et la Toile se referme sur Michelle, prisonnière virtuelle d’un harcèlement numérique cruel. L’écran devient le point de confluence entre le réel et l’image, et redessine nos espaces de parole et de liberté.

Cross, chant des collèges / Julie Rossello-Rochet

Comment se fabrique une héroïne… Sept jours de la vie de Blake, une ado, soudainement confrontée au harcèlement, à un déchaînement de haine de la part d’élèves de son collège. Elle est traquée sur Facebook, sur sa messagerie, insultée, pour finir agressée physiquement. Mais elle se refuse à être victime.

Ces filles-là / Evan Placey

À partir d’une simple photo d’elle, les seins nus, postée sur les réseaux sociaux, commence pour Scarlett une longue descente qui la conduira au suicide, racontée par une voix unique, celle du groupe des autres filles, qui la juge coupable – mais de quoi exactement ? D’après une histoire vraie.

H.S / Yann Verburgh

Evocation de la violence et de l’agressivité quotidiennes entre les jeunes à l’époque contemporaine, véhiculés par les réseaux sociaux, de l’humiliation au suicide en passant par le harcèlement.

Pour en savoir plus sur le harcèlement

Tous nos ouvrages disponibles à la bibliothèque sur le Harcèlement en milieu scolaire

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Pourquoi il faut en finir avec les personnages de souffre-douleur dans les comédies pour enfants [Article sur Slate.fr]
Chronique de Thomas Messias faisant remarquer que les héros qui pratiquent du harcèlement dans les films pour enfants s’en sortent toujours. Et qu’il s’agit d’un “traitement irresponsable qui risque de créer quelques vocations bien regrettables”…

 

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