Ubérisation de la Santé : cliquez, vous êtes soignés

- Modifié le 13/12/2017 par Département Sciences

Télémédecine, consultation à distance, e-santé, m-santé, santé connectée, télésanté… Ces dernières années ont été marquées par une révolution numérique et digitale sans précédent bouleversant le secteur de la santé.

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Soigner autrement est devenu un impératif de santé publique dans un contexte de vieillissement de la population, d’augmentation des maladies chroniques, d’hyperspécialisation de la médecine, de désertification médicale et d’exigence accrue des patients.

L’un des enjeux de la e-santé est de lutter contre les déserts médicaux, de rapprocher virtuellement patients et professionnels de santé, en offrant la possibilité au patient d’accéder aux conseils d’un médecin, où qu’il se trouve.

C’est ce que permet la téléconsultation, et c’est dans ce but qu’a été créée la Consult Station

Comme toute révolution, la santé connectée et la télémédecine portent leur lot d’espoirs et de craintes. Autant d’avancées technologiques qui font redouter une médecine déshumanisée.

 

La e-santé c’est pour qui ?

Les domaines les plus connus du grand public sont ceux de la m-santé (la santé via les smartphones) et ceux des objets connectés. Ces secteurs en pleine croissance permettent des usages allant du conseil de « bien-être » au suivi à distance d’une pathologie :

 

CitizenDoc

Un bobo, un rhume ou des maux de ventre ? Pas de panique, Le Doc vous pose des questions simples pour savoir si vous devez consulter un médecin.

 

Mon Glucocompteur 

Développée par Sanofi en partenariat avec une équipe du CHU de Toulouse, cette application propose de quantifier les glucides de chaque repas à partir de photographies afin d’obtenir la dose d’insuline adaptée.

 

Le marché de la e-santé s’enrichit chaque jour de nouveautés : brosse à dent connectée, vêtements qui prennent la température du corps ou enregistrent les rythmes de sommeil des enfants, cigarette électronique équipée d’un compteur, fourchettes imposant un temps de mastication, pilulier muni d’une alerte programmable…

En l’état actuel du marché, les usages sportifs et récréatifs dominent. La plupart des adeptes de la santé connectée sont aujourd’hui des personnes en bonne santé qui souhaitent le rester.

Mais la télémédecine en plein essor, commence à choisir dans ce vaste catalogue des outils numériques de la m-santé afin d’améliorer la prise en charge et le suivi des personnes malades :

 

e-Pansement

Une application de télémédecine qui permet aux infirmiers à domicile de montrer à un médecin expert, en téléconsultation, l’état de la plaie chronique et de recevoir en temps réel les conseils de soins.

 

 

Home linkeos

Fondée en 2015, cette Sart-up établie en région lyonnaise à St Didier au Mont d’Or, développe une solution complète de télémédecine spécialisée dans le suivi et la surveillance de patient à domicile, notamment dans les domaines de la chirurgie (Argos) et de l’obstétrique (Babymum).

 

Uber dans la Santé 

 

Ce néologisme « Ubérisation » tire son nom de la célèbre entreprise « Uber ». Ce processus désigne la constitution de plateformes numériques qui mettent en relation directe prestataires et demandeurs. Après les transports, l’hôtellerie, maintenant la santé !

Le développement massif des start-up dans le secteur de la e-santé annonce un changement de paradigme pour les années à venir. L’une des causes de cette révolution digitale : des patients ultra connectés, de plus en plus informés, qui attendent désormais des nouveaux services, plus réactifs et personnalisés, pour leur santé.

En France, ces dernières années, on a vu se développer des prestataires proposant des prises de rendez-vous en ligne, assurant même ce service pour des établissements hospitaliers publics ou privés, d’autres sont plutôt axés sur le conseil médical en ligne :

 

Doctolib

Start-up française, fondée en 2013, fournit un service en ligne de prise et de gestion de rendez-vous médicaux mettant en relation des patients et des professionnels de la santé.

 

mondocteur

Start-up, lancée en Juin 2013 et soutenue par le Groupe Lagardère Active, synchronise, en temps réel, les agendas des praticiens. Sa mission : vous faire prendre un rendez-vous chez votre médecin en quelques clics.

 

 

Ubérisation de la Santé : les médecins sur leur garde

 

Cette offre numérique met au défi les professionnels de santé, parce qu’elle déborde bien au-delà du secteur du « bien-être » et ne suit pas toujours les codes du monde médical :

 

Lancé en avril 2017, Docadom est un site internet et une application permettant la « commande » d’un médecin à domicile, à la manière d’un chauffeur Uber. Seuls quelques arrondissements de Paris sont concernés à l’heure actuelle.

 

 

Dokbody

Application de recommandation et de partage de médecins pharmacies et centres de soins. Elle permet aux patients de trouver gratuitement le professionnel de santé qui leur convient, sur la base des recommandations et des avis laissés par la communauté à l’issu de la consultation.

 

Demander conseil pour une allergie par téléphone, prendre un deuxième avis médical ou encore avoir une consultation en ­ligne multiplient des services payants sur ­Internet et sur mobiles.

Face à ce qu’il appelle l’« Ubérisation de la Santé », le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a rendu public un rapport pour réclamer la ­réglementation de la télémédecine et une meilleure régulation de ces offres émanant de sociétés privées.

 

Données personnelles de santé et Big Data : quels risques ?

 

Le quantified self, le « moi quantifié », laisse une empreinte numérique de notre corps, à la frontière du bien-être et de la santé, avec des données intimes et paradoxalement destinées à être partagées. En quelque sorte, il s’agit d’une  « mise à nu » digitale. Et si nous n’avons aucun problème à nous déshabiller devant notre médecin, ce n’est pas la même chose avec nos applis et objets connectés. Qui a accès à ces données de santé ? Comment ? Et dans quel but ?

Près de 50 000 applications santé sont actuellement disponibles et de nouvelles apparaissent chaque jour. Certaines proposent des conseils individualisés, recueillent des données personnelles (poids, tension, fréquence cardiaque,…) ou délivrent des informations médicales. Leur développement se fait toutefois sans cadre prédéfini, ce qui soulève de nombreuses questions concernant leur fiabilité, la réutilisation des données collectées ou le respect de la confidentialité notamment. C’est pourquoi la HAS (Haute Autorité de Santé) publie un référentiel de 101 bonnes pratiques pour favoriser le développement d’applications et objets connectés sûrs, fiables et de qualité.

 

Une bibliographie pour aller plus loin :

 

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