ENSEMBLEALAMAISON

Discovery

- temps de lecture approximatif de 4 minutes 4 min - par Cécile CXR

Non, il ne s'agit pas ici de la navette spatiale mais de l'essai clinique européen démarré le 22 mars 2020 et visant à trouver un antiviral efficace à la Covid-19, en pleine période de pandémie. Des premiers résultats devraient être communiqués fin avril

Recherche médicale
Recherche médicale

« C’est la première fois dans l’histoire des épidémies de type pandémiques (qui touchent le monde entier) que nous menons des recherches en temps réel […] C’est une course contre la montre »
Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, pilote le volet français de Discovery

Alors même que l’épidémie progresse, plusieurs pays mènent essais et travaux de recherche sur plusieurs phases de la maladie.

Certaines études s’attachent à la prévention ou aux patients avant hospitalisation, d’autres concernent les patients hospitalisés en secteur de médecine d’autres enfin ciblent les cas les plus graves en secteur de réanimation. Toutes n’ont pas le même degré de fiabilité au regard du nombre de patients étudiés.

De nombreuses équipes de recherches et laboratoires s’activent pour trouver des molécules efficaces contre le coronavirus…virus encore inconnu il y à 5 mois…

Discovery : un essai clinique européen de grande ampleur

« Discovery »  vise à tester sur près de 3 200 patients européens, 4 traitements anti-viraux différents contre la Covid-19. Cet essai a démarré le  22 mars 2020, dans plusieurs centres hospitaliers français (Paris, Lyon, Lille, Nantes, Strasbourg…) pour s’étendre à d’autres pays européens. Son protocole,  reprend celui de l’essai clinique « Solidarity » supervisé par l’OMS» (Organisation mondiale de la santé).

L’inserm dans le cadre du consortium REACTing, coordonne le volet français de l’étude Discovery.
C’est Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse de Lyon et chercheuse au Ciri qui le pilote.
Le financement vient des ministères de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et de la Santé et des Solidarités.

Les laboratoires pharmaceutiques (Gilead, Merck, Abbvie et Sanofi), parties prenantes,  fournissent gracieusement les molécules testées tout au long de l’étude.

A qui s’adresse l’essai clinique Discovery ?

L’essai vise 3 200 patients européens hospitalisés dont 800 français. Il se déroule en parallèle en Belgique, Hollande, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni.

Pour intégrer l’étude, les patients doivent réunir 2 conditions  :

  • être hospitalisés
  • avoir une infection respiratoire et/ou avoir besoin d’un support en oxygène

Comment se déroule l’essai ?

L’essai clinique Discovery est un essai clinique d’efficacité et de tolérance.

Il est “à 5 bras”, c’est-à-dire qu’il a démarré avec 5 modalités de traitement :

  • Un groupe, nommé « branche de référence », recevra uniquement des soins standards, sans traitement antiviral. Chacun des quatre autres groupes recevra respectivement, en plus des soins standards :
  • Remdesivir : un traitement antiviral développé pour le virus Ebola en cours de test
  • Lopinavir + ritonavir : c’est une combinaison de deux molécules utilisées contre le VIH.
  • Lopinavir + ritonavir + interferon ß : cette combinaison devrait permettre de soigner les deux phases de la maladie (virologique et immunologique)
  • Hydroxychloroquine : ce traitement est un antipaludique. On l’utilise aussi dans le traitement de certaines maladies chroniques comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus. L’hydroxychloroquine  a été mise s
    ur le devant de la scène mi-mars par  l’équipe du Pr Raoult de l’IHU de Marseille. La méthodologie et leurs résultats  démontrant une efficacité de cette molécule quand elle est associée à l’azithromycine ont suscité de fortes polémiques  divisant communauté scientifique et population.

Les participants,  qu’ils soient en réanimation ou dans un autre service hospitalier, reçoivent un des 5  traitement par tirage au sort. On parle alors d’étude  randomisée. Cela permet de constituer 5 groupes équivalents en nombre de patients. Aucun patient ne reçoit de placebo et tous les patients reçoivent les soins adaptés à leur état.

Un essai ouvert, adaptatif et en temps réel

Discovery est un essai “ouvert” cela veut dire que le traitement attribué est connu des soignants comme des patients. Il s’oppose en cela  aux essais cliniques en aveugle ou en double aveugle.

L’essai clinique est “adaptatif” : on remplacera par d’autres molécules  les traitements expérimentaux qui s’avéreront inefficaces en cours d’essais

Il faudra cependant attendre la fin du mois d’avril pour connaitre les premières  tendances.

Florence Ader qui pilote l’essai, explique :

« C’est une maladie qui est d’évolution plutôt lente, avec une première phase dont on peut considérer qu’elle dure à peu près une semaine, et une deuxième phase qui dure environ une semaine supplémentaire. Si l’on fait la somme de tout cela, on est à J+15. On considère que pour évaluer les thérapeutiques qu’on propose aux patients, c’est 15 jours après l’inclusion dans le protocole », déclare-t-elle.  Elle précise :  « Cela veut dire qu’on inclut des patients tous les jours, et que le premier point d’évaluation pour chaque patient est 15 jours après. Pour l’analyse globale des 100, 200, 300 premiers patients, il va falloir attendre que chaque patient ait franchi ce cap du quinzième jour. […] pour les premiers résultats, rien ne sera disponible avant la fin du mois. »

Pour en savoir plus :

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *