1977 : l’année Pop

En pleine vague punk Iggy Pop s'impose

- par Département Musique

A cette époque, Iggy pop est décrit par la presse comme le parrain du Punk Rock. Les Sex pistols, les Ramones, les Damned et tant d’autres le citent comme exemple et reprennent ses chansons. Pourtant l’américain semble sans avenir. Mais c’est sans compter sur une bonne étoile...

Iggy Pop
Iggy Pop https://auralcrave.com/2018/03/13/the-passenger-iggy-pop-una-vita-da-randagio/

 

1971, David Bowie rencontre Iggy Pop au Max’s Kansas City un club mythique de New York. Le premier est un chanteur encore peu connu et le second chanteur du groupe The Stooges est réputé comme une star en devenir. L’anglais déclare son admiration pour l’américain.

1973, Iggy & the Stooges réalisent leur troisième disque : Raw power, un album rageur, prepunk et jusqu’au boutiste. C’est David Bowie qui a permis aux américains de trouver un nouveau label. Iggy se déplace à Londres avec son nouveau guitariste James Williamson, un guitariste de Detroit qui accompagne les Stooges en concert depuis 3 ans. Au départ second guitariste, Williamson prend peu à peu la place de co-leader et de co-compositeur du groupe, rejetant Ron Asheton l’un des fondateurs du groupe à la basse et à l’arrière-plan. En Grande Bretagne les séances d’enregistrement de Raw power sont un désastre, et la maison de disques trouve le résultat trop violent et non publiable. David Bowie est chargé de rattraper le désastre et de mixer l’album. Hors a cette époque David Bowie est une star et tout ce qu’il touche se transforme en or (Lou Reed, Mott the Hoople…). Pourtant Raw Power est un échec commercial. Fin 73, le groupe se sépare. Iggy, star déchue et dévastée est hospitalisé pour soigner une dépression et une forte addiction aux drogues et aux calmants.

1975, Iggy sort d’une longue hospitalisation, il est paumé, sans contrat discographique. Avec l’aide de James Williamson, ils décident de réaliser des maquettes afin de relancer une carrière en bout de course et de signer avec une maison de disques. Pour cela ils recrutent à la rythmique les frères Tony et Hunt Sales, accompagnateur de Todd Rundgren et de Ray Manzarek (The Doors). L’album est cosigné par Williamson et Pop. Mais personne ne semble intéressé par cet has been ingérable.

1976, David Bowie est encore présent et emmène Iggy Pop à Berlin ou la star anglaise s’est installée. Ils traînent dans les clubs berlinois, partagent un appartement et composent.

1977, Bowie trouve un contrat d’enregistrement pour Iggy. Et en pleine vague punk – timing parfait – Iggy sort ainsi deux albums à cinq mois d’intervalles : The Idiot et Lust for Life. Les disques sont des succès, l’Iguane renaît. Devant ce succès inattendu, James Williamson trouve enfin une petite maison de disque qui accepte de diffuser l’album enregistré précédemment. Kill City est édité. L’année 1977 voit donc un troisième album d’Iggy Pop sortir chez les disquaires.

Trois albums, trois univers, trois réussites. Le premier composé et produit par David Bowie au Château d’Herouville avec des musiciens français est un pendant de l’album Low du britannique, soit un album froid, sombre, électronique, entêtant, expérimental. Le deuxième Lust for Life toujours produit et composé par Bowie est enregistré à Berlin avec les musiciens de ce dernier. L’album est une déclaration d’amour à la vie et à ses vices et contient plusieurs tubes en puissance. Quant au troisième, bricolé et remixé par James Williamson, il est plus bluesy, plus brut, plus Stonien. Kill City se situe ainsi dans la veine des Stooges, mais en plus apaisé et en plus commercial. Les mélodies sont plus travaillées, avec un désir d’être moins transgressif, et les musiciens sont plus expérimentés que les membres des Stooges.

Pour Iggy Pop, c’est une renaissance. Ses shows font salle comble, ses disques se vendent. Bowie transforme une chanson d’Iggy paru sur The Idiot en tube planétaire (China Girl).

Iggy est une star, enfin.

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