17 octobre 1961 : nuit noire à Paris

- temps de lecture approximatif de 16 minutes 16 min - Modifié le 04/07/2016 par Masan

Afin de "mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes algériens", Maurice Papon, préfet de police de Paris, instaure un couvre-feu pour les Nord-Africains le 5 octobre 1961. Le FLN riposte en organisant une manifestation pacifique dans les rues de Paris le 17 octobre, qui sera violemment réprimée par les autorités.

Si les témoignages, les analyses et enquêtes effectuées depuis nous apportent une bonne connaissance des faits, ce sont bien la question du nombre des victimes et l’aspect mémoriel de cette journée « portée disparue » qui posent question.

Le contexte

Le 5 octobre 1961, le Préfet de police, Maurice Papon, impose le couvre-feu à tous les Algériens de Paris et de sa région de 20 h 30 à 5 h 30 du matin. Nous sommes à quelques mois de l’indépendance de l’Algérie. Le soir du 17 octobre 1961, des milliers d’Algériens convergent vers la capitale. A l’appel du FLN, ils viennent en famille manifester pacifiquement contre cette mesure discriminatoire. Le cortège défile le long des Grands Boulevards. Les Algériens arrêtés sont matraqués puis entassés dans les bus de la RATP, réquisitionnés pour l’occasion, avant d’être internés dans les stades parisiens (Stade de Coubertin, Palais des Sports…) et les commissariats. Pourquoi le FLN a-t-il pris le risque d’organiser de telles manifestations ? Quelles furent les réactions de la population française face à un tel drame ? Quel bilan peut-on faire ? A partir des archives inédites de la Fédération de France du FLN, de la Préfecture de police de Paris et de la CIMADE, Linda Amiri enrichit la connaissance historique du 17 octobre 1961 et fait revivre « de l’intérieur de la communauté algérienne », cette sombre page de l’histoire de France. (Source : Grands-reporters.com)

50 ans ! Comment peut-on appréhender ce qui reste l’un des faits les plus marquants des mobilisations politiques en France : la manifestation des Algériens et Algériennes contre le couvre-feu à leur encontre est réprimée dans une violence inédite. L’effroi et les protestations de quelques observateurs, dont des journalistes, les jours suivants, seront rapidement oubliés : la nuit du 17 octobre 1961 va devenir un point aveugle de l’histoire de France.
Dans le contexte de la guerre d’Algérie, comment la répression de la manifestation des Français musulmans d’Algérie – comme on les nommait à l’époque – a pu être effacée de notre histoire ?

Sans refaire le travail déjà effectué par de nombreux historiens, nous proposons ici un panorama des recherches publiées ou en cours, et surtout les questionnements et difficultés rencontrés dans la manifestation de la vérité.

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La quête de la vérité ne connait plus de limites, et l’on assiste périodiquement au dévoilement désordonné d’événements traumatiques de notre passé, qui ressurgissent ainsi au gré des commémorations ou de polémiques accidentelles dont se saisissent (ou provoquent) les médias. A force de rapiéçages, le récit traditionnel de notre épopée nationale a perdu beaucoup de son sens, sans pour autant qu’une nouvelle version vienne remplacer l’autre.

Dimitri Nicolaïdis in Oublier nos crimes : l’amnésie nationale, une spécificité française, Autrement, 2002, p.4.

 

 

 

Histoire et mémoire

Très rapidement, certains acteurs ont tenté de témoigner et de transmettre, mais le contexte de guerre et la censure l’accompagnant ont vite réduit ces tentatives à néant.

Ratonnades à Paris / Paulette Péju, La Découverte
Publiées par les éditions Maspero, quelques semaines après la nuit sanglante du 17 au 18 octobre 1961, et saisies chez l’imprimeur par la police judiciaire, ces enquêtes journalistiques menées dans l’urgence, témoignent de la violence de la répression exercée contre la communauté maghrébine à Paris. Paulette Péju, décédée en 1979, était à l’époque journaliste à « Libération ».

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Octobre à Paris, un film de Jacques Panijel
Jacques Panijel, ancien résistant français à l’occupant nazi, n’a eu de cesse que soit rendu public le scandale que constituait l’emploi généralisé de la torture dans la lutte menée par l’armée française contre le désir d’indépendance du peuple algérien. Aussi, lorsque ces pratiques se sont transportées sur le pavé parisien, et qu’elles ont culminé avec l’assassinat délibéré, le 17 octobre 1961, de plusieurs manifestants protestant contre le couvre-feu qui leur était imposé, Jacques Panijel a entrepris d’alerter l’opinion publique en réalisant Octobre à Paris.
Le film a été présenté pour la première fois à Paris, en mai 1962. La pellicule a été saisie en fin de séance par la police. De nombreuses copies en 16 mm ont connu un sort identique en province. L’auteur a néanmoins réussi à montrer ce film au festival de Venise avant la fin de l’été. Ce n’est qu’en 1975 que fut délivré le visa d’exploitation, mais il n’a jamais été distribué.
Il ressort pour la première en 2011, 50 ans après les faits…


Par la suite, de nombreux historiens ont étudié la mémoire du 17 octobre 61 :

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La bataille de Paris – J.L. Einaudi
Seuil

En 1991, Jean-Luc Einaudi publiait un livre dont le retentissement allait être considérable La Bataille de Paris : 17 octobre 1961 / Jean-Luc Einaudi,Seuil, racontait, contre la version officielle, la répression de la nuit du 17 octobre. J.L. Einaudi fut sollicité par de nombreux médias pour évoquer ses recherches : pour la première fois, le chiffre des morts passait de moins de dix à plusieurs centaines. Également pour la première fois, un personnage clé de l’appareil d’État, Constantin Melnik (chargé des affaires de police et de renseignement au cabinet du Premier Ministre Michel Debré) allait déclarer qu’il y aurait eu « entre 100 et 300 morts » (Libération du 12 octobre 1991). Dans le même temps, Maurice Papon (ancien préfet de police) contestait l’accusation, et Roger Frey (ancien ministre de l’Intérieur) refusait de s’exprimer.
Le témoignage de J.L. Einaudi dans le cadre de l’examen de carrière lors du procès de M. Papon contribua à porter l’affaire à la connaissance du grand public.
J.L. Einaudi publiera d’autres ouvrages sur le sujet :

  • Octobre 1961 : un massacre à Paris / Jean-Luc Einaudi, Fayard, 2001 (celui-ci est publié en 2001 après la dérogation obtenue de consulter les archives ; on y trouve une liste de plus de 400 personnes décédées ou disparues)
  • 17 octobre 1961 / Jean-Luc Einaudi & Elie Kagan, Actes Sud, 2001
  • Scènes de la guerre d’Algérie en France : automne 1961 / Jean-Luc Einaudi,Le Cherche midi, 2009
    Cet ouvrage est le troisième, après « La Bataille de Paris » (1991) et  » Octobre 1961, un massacre à Paris  » (2001), que Jean-Luc Einaudi consacre à la période allant de l’été à l’automne 1961 et singulièrement aux manifestations algériennes du 17 octobre dans la capitale, où la répression sanglante fut orchestrée par le préfet de police d’alors, Maurice Papon. Jean-Luc Einaudi a recueilli de nouveaux témoignages d’une vérité crue et a eu accès à des archives inédites de l’ex-fédération de France du FLN. Ces documents éclairent particulièrement la guerre sans merci, dans le Nord et l’Est de la France, entre le FLN et le MNA, l’autre organisation nationaliste algérienne, dirigée par Messali Hadj. Un ouvrage essentiel sur l’une des faces cachées de la guerre d’Algérie.

En 2011, 50 ans après les faits, la bibliothèque de Lyon a accueilli Jean-Luc Einaudi. Nous vous proposons son intervention filmée : Rencontre avec J.L. Einaudi

En 1994, Brigitte Gaïti s’interroge : pourquoi le souvenir de la répression sanglante d’une manifestation organisée le 17 octobre 1961 à Paris par le FLN s’est-il perdu ? Afin de comprendre les conditions de « l’organisation de l’oubli » d’un événement, [elle] revient sur le contexte du déroulement de la manifestation puis étudie les formes du retour de l’événement dans une actualité éditoriale et politique (In Sociétés contemporaines, n°18/19, 1994, disponible en ligne sur Persée)

En 1999, len°15 de Cahier d’histoire immédiate consacre un numéro complet à la question des sources : Que l’on ne se méprenne pas sur l’objet du présent dossier. Même si les allusions y sont nombreuses, et souvent précises, il n’est pas destiné à analyser les faits qui ont marqué la manifestation. Il n’est pas davantage orienté vers un autre aspect essentiel : le processus d’occultation de l’événement et le travail de mémoire qui en a résulté. La question primordiale posée est exclusivement celle des sources documentaire. Mais celle-ci est posée à deux niveaux, l’un méthodologique, l’autre déontologique. : existe-t-il des types de sources plus fiables les unes que les autres ? Faut-il, ou non, réserver l’accès de certaines de ces sources à quelques « professionnels » de l’histoire ?

L’historien Jean-Paul Brunet publie au lendemain du procès en diffamation de M. Papon, Police contre FLN, le drame d’octobre 1961 , Flammarion : « Ni témoin, ni témoin à charge, Jean-Paul Brunet adopte sans ambigüité la posture de l’historien, qui n’avance rien sans s’appuyer sur des sources, si possibles croisées, sources écrites ou témoignages oraux, les passe au crible d’une critique d’autant plus indispensable qu’elles émanent d’instances qui ne sont pas neutres et veille à une mise en perspective historique. Là réside la spécificité de son ouvrage, ce qui ne m’empêche pas de reconnaitre l’apport de ses prédécesseurs. On s’arrêtera sur deux des aspects les plus novateurs de son étude : l’utilisation des sources, la contextualisation, les deux indissociablement liées ». (La suite dans la Revue française de science politique n°2, vol. 50, 2000)
Jean-Paul Brunet écrira dans la revue Commentaire (vol. 31, no 122, été 2008) un article intitulé « Sur la méthodologie et la déontologie de l’historien. Retour sur le 17 octobre 1961 » (texte repris ici) dans lequel il s’interroge sur la méthode utilisée par deux historiens anglais en 2008 dans leur ouvrage Paris 1961 : les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire / Jim House, Neil MacMaster, Tallandier
- « La violence de la répression de la manifestation des Algériens du FLN fait l’objet de controverses. Pourtant, les auteurs qui ont écrit sur cette affaire sont d’accord sur un point capital : l’ampleur et la violence de cette répression. »

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En 2000, la revue Matériaux pour l’histoire de notre temps s’intéresse au secret en histoire. Parmi les auteurs, citons Sylvie Thénault, Le fantasme du secret autour du 17 octobre 1961 : Depuis deux ans, plusieurs événements ont contribué à replacer le 17 octobre 1961 sous les feux de l’actualité. Le premier d’entre eux est le procès de Maurice Papon à Bordeaux pour complicité de crimes contre l’humanité. Ce procès a donc été l’occasion de revenir sur le 17 octobre, notamment à travers le témoignage de Jean-Luc Einaudi, auteur de La bataille de Paris. Par la suite, Maurice Papon a intenté à J.L Einaudi un procès en diffamation à cause d’une phrase écrite par ce dernier dans Le Monde : « En octobre 1961, il ya au un massacre perpétré par mes forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon ». Cependant, le jugement rendu en février 1999 n’a pas condamné Jean-Luc Einaudi et le procureur a reconnu même l’existence d’un « massacre » le soir du 17 octobre 1961. Ces procès ont vu évoluer l’attitude des pouvoirs publics qui ont longtemps entretenu le silence sur cette question et maintenu un bilan officiel de 3 morts, sans aucune crédibilité. En 1998 et 1999, deux rapports officiels ont ainsi été commandés, essentiellement dans l’objectif de recenser le contenu des archives : la commission Mandelkern a dressé l’état des archives de la police tandis que Jean Géronimi a rendu un rapport concernant les archives judiciaires.

En 2005, Benjamin Stora propose une synthèse chronologique des enquêtes et analyses de journalistes et d’historiens surs ce « massacre » d’octobre (films, livres et romans portés ou non à l’écran). A travers ce texte, il montre comment le 17 octobre est sorti peu à peu de l’oubli : Mort et résurrection du 17 octobre 1961, in Manière de voir : Pages d’Histoire occultées, n°82/2005 pp.82-88.

C’est seulement en 1984 qu’un auteur de polar, Didier Daeninckx, face à l’amnésie collective, révèle au grand public, avec Meurtres pour mémoire, l’existence du 17 octobre. Ce dernier est aussi le scénariste d’Octobre noir, une BD de Mako, éd. Ad Libris

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La complexité du sujet suppose que l’on se penche également sur le sort des Algériens en métropole durant la guerre d’Algérie. Linda Amiri, dans La bataille de France : la guerre d’Algérie en métropole, Robert Laffont, 2004 analyse cet aspect du conflit, souvent considéré comme mineur, à partir des archives personnelles de Maurice Papon.
L. Amiri a également participé à La France en guerre 1954-1962 : expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, éditions Autrement : Délaissant une analyse des décisions politiques parisiennes ou une démarche de synthèse à l’échelle nationale, l’ambition de cet ouvrage est de donner à voir les expériences de la guerre au quotidien, dans leur diversité. Fondées principalement sur les archives départementales, les contributions rassemblées ici dessinent une nouvelle histoire de la guerre d’indépendance algérienne, ouvrant ainsi des perspectives renouvelées à la recherche.

Ali Haroun, un des dirigeants de la fédération de France du FLN consacre un chapitre au 17 octobre dans son témoignage La 7e wilaya : la guerre du FLN en France, 1954-1962, Seuil
Pendant la guerre d’Algérie, le FLN a ouvert en métropole un second front. Controlant peu à peu les 300 00 Algériens de l’émigration, la 7e wilaya – celle de France – a mis en place une organisation politico-militaire d’une redoutable efficacité. En réalité, une véritable administration parallèle et clandestine.

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Une analyse plus globale est proposée par Emmanuel Blanchard dont les recherches portent sur les polices en situation coloniale et sur la socio-histoire des politiques d’immigration : il évoque octobre 61 dans son dernier livre La police parisienne et les algériens (1944-1962), Nouveau monde, 2011.

 

 

Quelques pistes pour prolonger l’analyse

A cette époque, un autre événement met en lumière la violence d’Etat : au métro Charonne, à Paris, le 8 février 1962, en réaction à l’offensive terroriste de l’OAS, une manifestation se heurte à la police. On comptera neuf morts.

Le livre d’Alain Dewerpe Charonne 8 févier 1962 : anthropologie historique d’un massacre d’Etat, Folio histoire est l’illustration d’une méthode historique consistant à déployer les faits autour de leur interprétation et une réflexion philosophique sur la violence institutionnelle en régime démocratique. L’historien Jean-Paul Brunet cité plus haut, étudie à partir des Archives de la préfecture de police, le système policier à l’oeuvre à la fin de la guerre d’Algérie dans Charonne : lumières sur une tragédie, Flammarion . Il met en perspective cette tragédie en remontant aux manifestations des années 1960-1961.

Quelques films

Dissimulation d’un massacre : (suivi de) Mourir à Charonne, pourquoi ? par Daniel Kupferstein
Ce film ne revient pas en détail sur ce massacre mais cherche à comprendre comment la répression de cette manifestation a été occultée de notre mémoire collective. Dans la nuit du 6 au 7 février 1962, une dizaine de bombes explosent à Paris et dans la région parisienne blessant plusieurs personnes. Devant l’indignation provoquée par ces attentats, les syndicats et partis politiques de gauche organisent à Paris une manifestation de protestation le 8 février. Au moment de la dispersion de la manifestation, la police charge violemment les manifestants devant le métro Charonne. On relèvera 8 morts

Une journée portée disparue : 17 octobre 1961, par Philip Brooks et Alan Hayling
Le 17 octobre 1961 n’existe pas. Gommé, oublié, occulté. Ce jour-là, 30 000 Algériens manifestent contre le couvre-feu instauré à Paris. Au cœur de la France démocratique, la police assassine 200 personnes et laisse sur le pavé des milliers de blessés. Le Préfet s’appelle Maurice Papon. Réalisé par des Anglais, ce film relate un épisode de la guerre d’Algérie qui demeure absent de l’histoire officielle. Pourquoi cette mise en lambeaux de la mémoire ? Trente ans plus tard, les témoignages de manifestants, de victimes et de policiers brisent cette conspiration du silence. Les partis de gauche savaient mais n’ont pris aucune initiative, le FLN se sentait responsable d’avoir envoyé au massacre ses militants et, fait unique dans l’histoire ouvrière, pas une minute de grève n’eut lieu pour tous ces Algériens assassinés. Les rares images d’archives sont dues à ceux qui tentèrent, à l’époque, de dire la vérité : le photographe Elie Kagan (dont les archives sont conservées à la BDIC) et le cinéaste Jacques Panijel.

Un documentaire de Yasmina Adi qui sort en salles ce 19 octobre, dont le titre reprend le tristement célèbre slogan inscrit sur les bords de Seine : Ici on noie les Algériens

Une fiction : Nuit noire, par Alain Tasma (scénario de Patrick Rotman et François-Olivier Rousseau)
Paris, automne 1961. Une manifestation regroupant plusieurs dizaines de milliers d’hommes et de femmes est organisée par le FLN dans la capitale en réponse au couvre-feu instauré par les autorités. Le Préfet de Police, ordonne la répression de ce rassemblement pacifique. Plusieurs dizaines de manifestants désarmés sont ainsi jetés à la Seine lors d’un tabassage en règle. La presse, muselée, ne se fera l’écho d’aucun incident. On ignore encore à ce jour le nombre exact de victimes… « Nuit noire » rétablit de façon magistrale la vérité sur un massacre odieux que la France a décidé « d’oublier ».


 

Pour conclure, signalons la sortie récente de Le 17 octobre des Algériens, de Marcel et Paulette Péju, dont la première édition date de 1962. Cet ouvrage est complété par une analyse de l’historien Gilles Manceron intitulée « La triple occultation d’un massacre ».

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One thought on “17 octobre 1961 : nuit noire à Paris”

  1. OTMANI dit :

    Bonjour d apres une information un membre de ma famille est décédé lors des manifestations du 17 10 1961 à Paris.A qui s’adresser pour en avoir la certitude? la liste est t elle publiée? le nom est OTMANI ou par erreur ATAMNIA Salah né le 1 juillet 1931 à Mérahna w .de Souk ahras. Algérie.

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