Les salons artistiques lyonnais, entre histoire et actualité

- Modifié le 17/06/2016 par Bibliothèque municipale de Lyon

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Janvier, les arbres sont dénudés tandis que les murs du Palais de Bondy se parent de couleurs. Le 52e Salon d’Hiver vient d’ouvrir ses portes ce samedi 12 janvier et s’exposera aux regards des lyonnais jusqu’au 1er février. Le Salon de Lyon et de Sud-Est a fermé ses portes le 2 décembre, le Salon de Printemps viendra ensoleiller les lieux dès le 1er mars. Mais qui sont donc ces salons ? Petite revue de ces institutions qui font partie de l’univers des arts plastiques lyonnais depuis parfois plus de cent ans !


L'hivernal (Salon d'hiver) 2008

Sommaire
LE Salon de Lyon : les précurseurs
Vingtième siècle : 1, 2, 3 salons…
Les salons au XXIe siècle ?
Les salons : un outil de connaissance des artistes lyonnais

Les salons artistiques nous ont été inspirés par les italiens. Le premier salon français se tint à Paris, le 23 avril 1667, sous l’égide de l’Académie royale. Mais Paris n’a pas le monopole des arts et Lyon va se doter à son tour (bien que tardivement) d’une « exposition locale, périodique et régulière », le Salon de Lyon.
Puis viennent les déceptions, le besoin de renouvellement, de liberté, la volonté de promouvoir d’autres valeurs artistiques… de scissions en créations, ce n’est plus un mais plusieurs salons qui vont rythmer la vie artistique et culturelle lyonnaise à partir du début du XXe siècle. Partons donc à la découverte de l’épopée des salons lyonnais…

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Salon lyon sud-est 2007

LE Salon de Lyon : les précurseurs

[*¤ 1786, un salon sans lendemain*]

C’est sur une initiative privée qu’en 1786 un premier salon lyonnais voit le jour. Une jeune société dirigée par le chevalier de Bory, le « Lycée » ou « Sallon des arts », se lance dans l’aventure avec l’approbation du gouvernement. Voici comment le chevalier de Bory définit les objectifs du Lycée lors de la séance publique d’ouverture du 20 avril : « offrir à tous les sexes, à tous les âges, les moyens de jouir au sein d’une société choisie, des amusements variés de l’esprit et de tout ce que les arts ont de plus enchanteur, faire connaître par des expositions, les chefs d’œuvre des artistes les plus distingués, les machines ingénieuses, les découvertes utiles, les nouveautés intéressantes, tel sera l’objet du Sallon des Arts ».
Le salon, inauguré le 25 août 1786, expose une centaine d’œuvres. Mais la belle idée n’aura pas de suite, il faudra attendre 1836 pour qu’un salon artistique durable voie le jour à Lyon.

Le Sallon des arts à Lyon en 1786, par R. de CAZENOVE. In : Revue du lyonnais , 1883, t. 6, p. 153-174

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Gravure – Salon de Lyon 1884
(Lyon-Revue, BML)
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Portrait du peintre François Vernay
(Fonds Sylvestre – BML)

[*¤ 1836-1887, le Salon de la Société des Amis de arts de Lyon*]

Depuis la création de l’Ecole des Beaux-Arts en 1907, plusieurs expositions proposent au regard des lyonnais une sélection d’oeuvres de leurs compatriotes. Organisées tantôt par une société dite « des Amis des arts de Lyon » (inspirée de la Société des Amis de arts de Paris), tantôt par la municipalité, ou encore l’opposition, le rythme de ces expositions est irrégulier. Face à la demande insistante des artistes lyonnais, qui souhaitent l’organisation d’une exposition annuelle, la municipalité s’intéresse dès 1834 à la création d’une société ayant cette mission.

En 1836, la Société des Amis des arts de Lyon est officiellement créée, avec pour mission l’organisation d’un salon annuel. Elle sera reconnue par le ministre de l’Intérieur en 1843. Présidée à ses débuts par Etienne Gautier, riche banquier et négociant, la société est composée de membres issus de la haute société. Pour récompenser les artistes, la société fait graver des jetons et des médailles offerts à l’issue du salon.
Si la société, pendant ses 51 ans d’existence, fit preuve d’une belle constance dans la tenue de son Salon (une seule interruption en 1871), sa vie ne fut pas un long fleuve tranquille. Moins de deux ans après sa création, les membres les plus à gauche quittent la Société. La presse se fait l’écho des divergences. On lui reproche de s’éloigner de son objectif, favoriser l’art à Lyon, et de donner la part belle aux artistes étrangers à la ville. Les choix artistiques de la commission et le fonctionnement élitiste de la Société, composée de notables lyonnais, sont mal vécus par les artistes.

1887 est l’année de l’éclatement. Les refusés du salon lyonnais se rassemblent sous le nom d’Artistes indépendants et montent leur propre exposition, qui se tient rue Centrale, dans la maison des Halles de la Grenette. Toujours en 1887, la Société des Artistes lyonnais (fondée le 30 octobre 1884) organise son premier salon le 26 juin au casino de Charbonnières.
Du côté des Amis des arts, les nouvelles sont mauvaises : la société perd le bénéfice des salles du Palais Saint-Pierre, où se tenait jusqu’alors le Salon. Les Amis des arts se refusent à exposer dans des baraquements provisoires. La décision est finalement prise de liquider la société.

Livret explicatif des ouvrages de peinture, sculpture, dessin, gravure, etc. : admis à l’exposition de la Société des Amis des arts de Lyon
- Les livrets du Salon de la Société des Amis des arts

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SAA – catalogue 1839
(BML)

[*¤ 1888, la Société lyonnaise des Beaux-Arts reprend le flambeau*]

Certains membres de la défunte Société des Amis des arts rejoignent alors la jeune Société des artistes lyonnais, tandis que celle-ci se rapproche des Artistes indépendants. Cette union donne lieu, le 12 novembre 1887, à la naissance de la Société lyonnaise des Beaux-Arts, sous la présidence d’André Perrachon et de Pierre Miciol. Puvis de Chavannes en est le président d’honneur.
Le comité de la Société lyonnaise des Beaux-Arts est composé de 50 membres (des artistes comme des sociétaires issus de la société civile), et contrairement à ses prédécesseurs, le jury d’admission est élu par les exposants eux-mêmes et présidé par un artiste reconnu.
Avec l’autorisation du maire de l’époque, Antoine Gailleton, la nouvelle société inaugure son premier salon le 16 février 1888 sur la place Bellecour, dans un pavillon en bois, avant d’intégrer les salles d’exposition du Palais municipal de Bondy. Elle perpétue encore aujourd’hui cet évènement annuel, connu désormais sous le nom de « Salon international de Printemps ». C’est Jean-François Forest qui en assure la présidence actuelle.

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Puvis de Chavannes
(Fonds Sylvestre – BML)
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Adolphe Appian
Membre du jury de la SLBA en 1891

(Fonds Sylvestre – BML)

@Site web de la Société lyonnaise des Beaux-Arts
Le salon de Lyon : le prodigieux parcours de la Société Lyonnaise des Beaux-Arts depuis son origine : Salon international de printemps, Alain Vollerin, 2007
- La Société lyonnaise des Beaux-arts célèbre ses 120 bougies soufflées en 2007 à travers un bel ouvrage qui retrace son parcours dans la vie artistique lyonnaise et rend hommage à ses membres et aux artistes qui lui ont donné vie
Salon de la Société lyonnaise des Beaux-arts
- Catalogues du salon, le plus ancien encore en activité

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SLBA – salon 2008

Cette manifestation artistique attire les foules. Elle retient aussi l’attention des critiques, qui publient leurs comptes-rendus de visite dans la presse et les revues lyonnaises.

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Au salon lyonnais :
le Lever de bébé (Faivre)
Le Progrès illustré-1892

[*¤ Le Salon de Lyon face aux critiques*]

Pas un journal qui ne manque de se faire l’écho du salon. Ces « revues » du salon sont parfois même publiées comme un feuilleton dont les épisodes s’affichent sur plusieurs numéros, comme dans le Courrier de Lyon. Les revues littéraires et savantes accordent elles aussi une large place aux comptes-rendus des « Salonniers ».
Certaines publications lui sont même entièrement consacrées, comme le fascicule Lyon-salon : revue critique illustrée (1892-1898) ou encore Au Salon de Lyon (1903-1906), édité par le Lyon-Républicain.

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Lyon-salon 1892
(BML)
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Au salon de Lyon – 1903
(BML)

Mais la critique n’est pas tendre,le ton est souvent aux lamentations ou à la raillerie.
Le supplément illustré du Progrès [1] qui consacre traditionnellement une « causerie » au Salon dans les années 1890, finit d’ailleurs par le délaisser complètement. Jacques Mauprat, dans un article de 1894, s’y plaint du « déluge effroyable de la peinture de jeunes filles » rencontré au salon cette année là.
La Revue du Lyonnais, qui publie des études sur les artistes provinciaux depuis 1835 et des compte-rendus des expositions parisiennes et lyonnaises, suit le salon avec attention. Emmanuel Vintigrier, Marius Grillet, R. de Cazenove et bien d’autres s’y succèdent pour y décrire leurs impressions.
Lyon-revue n’est pas en reste ; l’année 1881 offre un compte-rendu dispensé en pas moins de trois longs épisodes sous la plume de son directeur, Félix Desvernay. L’année 1887 se fait le témoin du dernier salon des Amis des arts, et des salons simultanés des Indépendants et de la Société des artistes lyonnais.

Cependant l’intérêt de la presse ne fera que décroître jusqu’à aujourd’hui, où les salons ne sont plus salués dans la presse locale que par quelques lignes.

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Lyon-revue – salon 1884
(BML)
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Lyon revue – salon 1884
(BML)

Avant d’aborder l’épopée des salons lyonnais au XXe siècle, quelques mots sur le Palais de Bondy, qui permit à la Société lyonnaise des Beaux-Arts de quitter le pavillon provisoire de la place Bellecour, où se tenait le salon annuel depuis 1888.

[*¤ Le Palais municipal de Bondy : 1904, enfin un lieu d’exposition ! *]

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Au salon – baraque place Bellecour
Progrès illustré -1891 (BML)
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20 quai Bondy, maison de l’ancienne Douane
futur emplacement du Palais des expositions

(Fonds Sylvestre – BML)


Baptisé « Pavillon des Beaux-Arts » mais surnommé « la baraque », ce bâtiment en bois monté et démonté chaque année à l’occasion du Salon était peu adapté à la mise en valeur des œuvres. Il n’existait alors aucun bâtiment prévu pour accueillir de telles expositions à Lyon. La société académique d’architecture propose plusieurs projets successifs, un Athénée lyonnais en 1890, puis finalement une Académie des Beaux-Arts en 1899, prévue en bordure de la place Bellecour.

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Place de l’ancienne douane
avant la réfection des quais
(Fonds Sylvestre – BML)


C’est finalement à l’occasion de la rénovation du quartier Saint-Paul qu’est établi le projet d’un « édifice destiné à servir de salle d’exposition et de concert et à recevoir le conservatoire de musique ». L’architecte Eugène Huguet fut chargé de la construction du Palais municipal par délibération du Conseil municipal du 23 septembre 1902. Le bâtiment s’installera au 20 quai de Bondy.
Constitué d’une salle de concert (salle Molière) et de salons d’exposition (situés au premier étage), l’édifice est inauguré en 1904. Il accueille aujourd’hui tous les grands salons lyonnais.

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Palais municipal des expositions
vu du quai de Bondy (2008)
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Palais municipal des expositions
vu de la rue de l’Angile
(fonds sylvestre – BML)

Vingtième siècle : 1, 2, 3 salons…

La SLBA franchit le cap de ce nouveau siècle avec succès et draine à ses salons nombre d’amateurs d’art et de curieux. Cependant son chemin dans le vingtième siècle est semé d’embûches : elle y perd rapidement le monopole du salon artistique à Lyon.

[*¤ 1902, La Société des Artistes lyonnais ou le Salon d’Automne*]

La dissension agite les membres de la Société lyonnaise des Beaux-Arts, et une scission intervient dès 1901 avec la fondation de la Société des Artistes lyonnais (encore une), qui organise son premier salon en février 1902 dans la salle des réunions industrielles du Palais du commerce. Deux salons le même mois ! En 1907, la Société des Artistes lyonnais décide de reculer la date d’ouverture de son salon. Ce dernier prendra place en novembre et sera désormais baptisé « Salon d’Automne » (un salon du même nom s’était créé en 1903 à Paris).
Ce nouveau salon, inspiré par les évolutions parisiennes, s’affiche résolument dans la rupture. Aucun jury ni récompense ne sanctionne les artistes, le comité de sélection lui-même finit par disparaître. Une autre forme de sélection se met en place : le Salon d’Automne est réservé aux artistes lyonnais et rhodaniens. Il prend le parti de la modernité, et selon les propos d’Alain Vollerin dans son ouvrage sur le Salon de Lyon, « il était devenu très représentatif de la jeune création locale dans les années soixante-dix. […] Le salon d’automne disparut définitivement sur la malencontreuse initiative d’un élu du peuple dans les années quatre-vingt« .

Catalogue des ouvrages de peintures, sculptures, dessins, gravures et objets d’art exposés au Palais du commerce, Société des artistes lyonnais (1902-1906)
Salon d’automne Lyon, 1907-1987
- Catalogues des deux versions successives du salon

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Salon d’automne 1922
(BML)
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Salon d’automne 1971
(BML)

Dans les années 20 fleurit une multitude de salons : le Salon des Humoristes en 1921, et en 1927 le Salon des Jeunes, le Salon des Artistes femmes, le Salon d’Art décoratif moderne. D’autres salons naîtront encore au fil du siècle, comme le Salon des Echanges en 1930, celui du groupe Contraste en 1956…
Penchons-nous sur les salons incontournables qui ont marqué leur siècle et qui participent encore aujourd’hui à la vie artistique lyonnaise.

[*¤ 1925, les Ziniars et le Salon du Sud-Est*]

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Salon Lyon et Sud-Est
(URAP 2008)


C’est dans les années vingt que naît un collectif d’artistes, les Ziniars, qui va agiter le monde de l’art lyonnais et donner naissance au Salon du Sud-Est.

Le groupe des Ziniars est actif à Lyon entre 1920 et 1924. En octobre 1924, des artistes de ce groupe, déçus du Salon d’automne dont ils attaquent « l’image avant-gardiste », quittent ce dernier et fondent l’Union Régionale des Arts Plastiques avec le soutien du critique d’art Marius Mermillon.
Voici comment Jacques Vieilly présente l’URAP dans le catalogue rétrospectif du salon (1925-2007) : « Cette association a pour objet de défendre les intérêts professionnels de ses membres, d’organiser des expositions publiques et de participer à l’enrichissement du patrimoine artistique régional et à l’éducation du goût du public« . Il fait « appel à des artistes parisiens en s’appuyant sur le socle solide des peintres sculpteurs et graveurs de la région »

L’URAP institue son propre salon dès 1925, le Salon du Sud-Est – connu actuellement sous le nom de Salon de Lyon et du Sud-Est – sous la présidence de Charles Senard puis de Pierre Combet-Descombes. Jacques Convert en est le président actuel.

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Pierre Combet-Descombes

@Site web de l’Union Régionale des Beaux-Arts
Le Salon du Sud-Est : la concrétisation d’un effort collectif d’une foi en un art indépendant, Sophie COUVRA. In : Salon de Lyon et du Sud-Est, catalogue 1999, p. 8-14.
- Article de Sophie Couvra, historienne de l’art, paru dans le catalogue du salon à l’occasion de l’exposition rétrospective de 1999
Salon de Lyon et du Sud-Est, Union régionale des arts plastiques
- Collection des catalogues du salon à la Bibliothèque municipale de Lyon
Salon Lyon et Sud-Est : 1925-2007, Jacques Vieilly, URAP (2007)
- Opuscule édité à l’occasion du 80e salon de Lyon et du Sud-Est, qui identifie les artistes ayant exposé dans le cadre du salon depuis sa création
Les Ziniars ou La vocation de la modernité, Alain Vollerin Mémoire des arts (2001)
- Ouvrage récapitulatif sur le mouvement des Ziniars

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Catalogue 2007
Salon Lyon et Sud-Est (BML)
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catalogue 1999
Rétrospective

(BML)

[*¤ 1938, le temps du Regain*]

En 1938, de nouveaux déçus du Salon d’Automne quittent l’association et fondent un nouveau salon sous la dénomination « Groupe d’art vivant ». Cette première exposition prend place dans l’ancienne chapelle du Lycée Ampère, rue de la Bourse. Les membres fondateurs en sont : Antoine Bazin, Louis Josserand, Claudius Chanel, Marius Dejean, Robert Prudon et André Souchon. Le salon deviendra « Regain » dès la deuxième exposition en 1940, puis « Regain – Rencontre des Arts » sous la présidence de Camille Niogret en 1962.
Voici la présentation de l’association telle qu’elle figure dans une délibération du conseil municipal de la ville de Lyon (séance du 12 septembre 2005) :
« L’Association Salon Regain Rencontre des arts a pour objet de développer le goût des arts, de favoriser la rencontre et la défense des différents métiers artistiques de création et d’organiser, au moins une fois par an, une exposition d’oeuvres. Cette association loue tous les ans, pendant un mois, les Salons d’Exposition du Palais de Bondy pour organiser le salon Regain qui a sa place parmi les grandes manifestations artistiques et culturelles lyonnaises »
D’abord présenté en mai, le salon Regain ouvre maintenant ses portes aux lyonnais en octobre, sous la présidence de Nicolas Kouzoupis.

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Regain – rencontre des arts
(BML)
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Salon REGAIN

Regain : rencontre des arts
- Catalogues du salon conservés à la BML

[*¤ 1955, Le Salon d’Hiver*]

Un nouveau groupement fondé par Mlle Turc, « Violon d’Ingres », présente son premier salon dans le foyer de l’Opéra en 1955. Il devient l’Association des Arts figuratifs en 1956 et prend place au palais de Bondy. La dénomination plus connue de « Salon d’Hiver » est adoptée en 1974 sous la présidence d’Emile Faure-Brac.
2007 est une année de changements pour le salon : l’équipe se renouvelle, opte pour une « diversité artistique élargie » et le salon acquiert une nouvelle identité : « l’Hivernal de Lyon ».

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L’Hivernal 2008
(ARA)

L’Association Régionale des Arts, organisatrice du salon, est présidée par Monique Lainé-Féréol depuis 2006.
Pour son cinquante-deuxième salon, l’Hivernal présente cette année en invité d’honneur le peintre Jacus, du 12 janvier au 1er février au Palais municipal du quai de Bondy.

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L’Hivernal au Palais de Bondy
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Jacus à l’Hivernal 2008
(Association Régionale des Arts)

@Site web de l’Association Régionale des Arts
Salon d’hiver
- Les catalogues d’exposition du salon d’hiver

N’oublions pas de saluer, aux côtés des grands salons artistiques lyonnais pluridisciplinaires, un salon beaucoup plus spécialisé qui a su néanmoins trouver son public et faire preuve d’une belle longévité…

[*¤ Aquarellistes avant tout ! Le Salon de la Société des Aquarellistes lyonnais*]

En 1934, Antoine Barbier et Eugène Villon décidèrent de fonder une société pour les seuls aquarellistes. Ils en confient la présidence à Claude Villeton. C’est à la galerie Pouillé-Lecoultre que se tient la première exposition de la société, le 16 décembre 1934. Cette dernière est actuellement située à l’espace Berthelot (Lyon 7e). Le Salon des Aquarellistes lyonnais proposait son 72e salon au mois de novembre 2007.

@Site web de la Société des Aquarellistes lyonnais
Les aquarellistes lyonnais Jeannine GAY-VILLON (2001)
- L’ouvrage retrace l’histoire de la société depuis sa création en 1934
Société des aquarellistes lyonnais : 1935-2000, Edition des Traboules (2005)
- Livre publié par la société à l’occasion de ses 70 ans

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Salon des Aquarellistes Lyonnais
2007

¤ Pour en savoir plus sur les salons lyonnais :

Le salon de Lyon, étude de Gérard BRUYERE et Dominique DUMAS parue dans

Le temps de la peinture : Lyon 1800-1914 : exposition présentée à Lyon au musée des Beaux-Arts du 20 avril au 30 juillet 2007, p. 71-94 (2007)
- Présentée dans le cadre de la manifestation Lyon 1800-1914, cette exposition interroge la notion d’Ecole lyonnaise de peinture. L’ouvrage qui en résulte rassemble le catalogue de l’exposition et douze études complémentaires.

L’étude très documentée consacrée au Salon de Lyon aborde de nombreux aspects de la vie des salons lyonnais entre 1800 et 1914 : les sociétés organisatrices, les lieux d’exposition, l’organisation du salon, les genres représentés et les exposants, ainsi que toute une partie consacrée à la critique d’art. L’étude contient en annexe une chronologie des expositions et salons Lyonnais

Lyon 2000 : histoire des arts plastiques à Lyon au XXe siècle, Allain VOLLERIN (1998)
- Alain Vollerin consacre le deuxième chapitre de son ouvrage au rôle des salons lyonnais au XXe siècle. Une lecture qui permet d’appréhender le contexte culturel du développement de ces salons

Lyon 1882-1982, entre création et recréation : exposition, Lyon, ELAC, du 30 Novembre 1982 au 12 Janvier 1983
- Cette exposition retrace cent ans d’achat de la ville de Lyon dans les salons, symbole de l’implication de la ville dans ces manifestations culturelles. Ces acquisitions sont distinctes de celles effectuées par le Musée des Beaux-Arts de Lyon

Les salons au XXIe siècle ?

Les expositions et manifestations artistiques se sont multipliées : galeries, biennale, musée et institut d’art contemporain offrent de nombreux lieux d’expression à la vie artistique… si l’âge d’or des salons se situe plutôt au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle le Salon de Printemps, le Salon d’Hiver, le Salon de Lyon et du Sud-Est tout comme Regain continuent vaillamment à proposer aux artistes d’aujourd’hui une place sur les murs du palais Bondy. Ils n’ont pas dit leur dernier mot. La preuve en est, il s’en crée même encore aujourd’hui !

Le tout jeune Salon des Indépendants (clin d’œil au salon parisien du même nom, ou à son ancêtre lyonnais qui ne vécut qu’une seule année ?) a ouvert ses portes pour la première fois en 2000, organisé par la Fédération française Arts et création Rhône-Alpes et l’Académie lyonnaise de peinture dans le cadre des manifestations Lyon 2000. Le huitième salon s’est ouvert le 22 octobre 2007.
@Site web de l’Académie lyonnaise de peinture


Promenades au gré des cimaises du 1er Salon des indépendants de Lyon, Jacques BRUYAS (2000)
- L’ouvrage présente des artistes régionaux contemporains et leurs travaux

Nicolas Kouzoupis mentionne dans le livret 2007 du salon Regain la quatrième édition du Salon des Artistes européens, issu d’une collaboration avec la Maison de l’Europe de Lyon et orchestré par Paul-Denis Fayard et Claude Leclerc.
@Site web de la Maison de l’Europe de Lyon

Ainsi, malgré la désaffection de la presse pour ces rendez-vous annuels (il suffit de consulter les archives du Progrès pour voir à quel point les salons n’ont plus la cote), les salons continuent leur chemin…

[*¤ Pour suivre l’actualité des arts plastiques dans la région Rhône-Alpes*]

La Maison des Arts Plastiques Rhône-Alpes édite deux outils très utiles :
Annuaire des arts plastiques Rhône-Alpes : 2002/04
- L’annuaire est une mine d’informations précieuses. Il contient un répertoire des artistes ainsi qu’un répertoire des adresses utiles : galeries, musées, éditeurs, enseignement, restaurateurs, experts… Une nouvelle édition est à paraître au printemps 2008
Le Bloc-notes de la MAPRA
- Le mensuel de l’actualité des arts plastiques en Rhône-Alpes

Les salons : un outil de connaissance des artistes lyonnais

Les ouvrages sur les grands artistes lyonnais ne manquent pas. Pourtant, quid des méconnus, des modestes, des oubliés de l’Histoire ? Même si les salons n’offrent pas une représentation exhaustive des artistes lyonnais, les livrets et catalogues qui en sont issus sont une mine de renseignements pour les chercheurs et historiens d’art car ils gardent en mémoire le passage des innombrables hommes – et femmes – qui ont exposé, ne serait-ce qu’une fois, dans un de ces salons.

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SAA – catalogue 1839
(BML)
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catalogue 1999
Rétrospective

(BML)

Salons et expositions à Lyon, 1786-1918 : catalogue des exposants et liste de leurs oeuvres, Dominique Dumas ; préface de Jacques Foucart ; avec
la participation de Gérard Bruyère, L’échelle de Jacob (2007) (3 vol.)
- Un travail considérable a été effectué pour la publication de cet ouvrage en trois volumes. Le dépouillement des livrets de salons et d’expositions rétrospectives donne lieu à une liste intégrale « de ces milliers d’œuvres qui figurèrent dans les salons de Lyon » de 1786 à 1918. En regard de chaque artiste figure la mention des œuvres exposées et les numéros donnés dans les livrets des salons et expositions.
L’ouvrage contient en outre une bibliographie descriptive des salons et expositions (une notice pour chaque exposition avec description du livret et localisation des exemplaires consultés)

[*¤ Quelques ouvrages pour aider à l’identification des artistes lyonnais*]

Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art du Lyonnais, par Marius AUDIN et Eugène VIAL (1918)
- Les auteurs ont « limité les recherches aux maîtres décédés en 1900 ou, à titre exceptionnel, dans les premiers mois de l’année 1901″.

Le dictionnaire est basé sur le « dépouillement des fonds d’archives de Lyon, archives de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, le fichier acquis par la Bibliothèque d’Art et d’archéologie des héritiers de Bernard Prost, l’imposant ensemble de manuscrits réunis par M. Jacques Doucet dans sa bibliothèque »

Les peintres de Lyon du quatorzième au dix-huitième siècle, Natalis RONDOT (1888)
- Le document répertorie « mille dix-sept peintres et soixante-neuf enlumineurs » dont l’auteur a reconstitué l’existence. Il utilise un classement par siècle puis nom de l’artiste. La longueur des notices biographiques est très variable. Voir aussi :

Les sculpteurs de Lyon du quatorzième au dix-huitième siècle , Natalis RONDOT (1884)

Dictionnaire des peintres & sculpteurs à Lyon aux XIXe & XXe siècles, Bernard GOUTTENOIRE (2000)
- Originalité de ce dictionnaire, il répertorie les artistes peintres et sculpteurs mais aussi « ceux qui ont servi les peintres et les sculpteurs à Lyon, les galeristes, les critiques d’art, les photographes d’art, les éditeurs d’art, les écrivains d’art… ». Il contient de courtes notices biographiques

Dictionnaire des artistes exposant à Lyon : 1919-1939, Sophie COUVRA, PUL (1999)
- Epuisé dans le commerce, cet ouvrage est consultable au Musée de l’imprimerie


[1] dont une version numérisée est consultable dans la base Presse régionale illustrée

au XIXe siècle

Salon Lyon 1902, recherche du catalogue Voir
Adolphe Valette, salons du sud-est Voir
Gustave Dussart et Lyon Voir

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One thought on “Les salons artistiques lyonnais, entre histoire et actualité”

  1. Elise PALMIGIANI dit :

    Bonjour, je suis Elise PALMIGIANI, présidente du SALON REGAIN depuis mars 2016.
    Je souhaiterai actualiser certaines informations et photos du Salon REGAIN, comment faut-il procéder ?

    Je vous remercie de me tenir informée,
    Bien cordialement
    Elise PALMIGIANI
    06.15.93.83.00

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