Chasseurs d'images

Incendie du Port Edouard-Herriot

Photographe : Jean-Marie Huron, 2 juin 1987.

- par Philippe RASSAERT

"Explosion au dépôt de la Shell française". Il est très exactement 13h18, le mardi 2 juin 1987 quand cet appel en provenance du service de sécurité du Port Edouard-Herriot parvient au standard opérationnel des sapeurs-pompiers de la communauté urbaine de Lyon. La ville de Lyon s'enflamme...

Incendie du Port Edouard-Herriot / J.-M. Huron, 2 juin 1987 (BML, FIGRPT1601).
Incendie du Port Edouard-Herriot / J.-M. Huron, 2 juin 1987 (BML, FIGRPT1601).

Difficile de savoir dans un premier temps le nombre des victimes. Le verdict tombe en fin de journée : l’explosion a fait deux morts – deux ouvriers de la SNIG – et cinq blessés. Un bilan qui aurait pu être beaucoup plus lourd, notamment à la suite de la très violente déflagration qui s’est produite en fin d’après-midi. Reste que pendant de longues heures, des milliers de Lyonnais vont avoir l’oeil rivé sur l’énorme panache de fumée qui s’élève depuis Gerland. Le mercredi 3 juin, à 13h48, c’est l’apaisement. Les pompiers peuvent enfin lancer le message tant attendu depuis le poste de commandement fixe installé à la préfecture du Rhône : « Incendie du dépôt d’hydrocarbure maîtrisé ».

Ainsi, en un peu plus de 24 heures, le brasier qui a dévoré 10.000 mètres cubes d’essence (gaz-oil, fuel domestique, essence super et additifs) et dévasté en grande partie le dépôt pétrolier de la Shell a pu être vaincu. Au total, 200.000 litres de mousse ont dû être utilisés et l’opération aura mobilisé six cents pompiers par rotation en provenance de la Courly et des renforts venus de plusieurs départements limitrophes dont la Savoie, la Saône-et-Loire, la Loire, la Drôme, l’Isère, l’Ain, le Puy-de-Dôme, mais aussi du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône.

Les origines exactes de l’incendie des cuves du dépôt Shell sont restées longtemps inexpliquées, malgré des années d’enquêtes et d’expertises tout azimuts. Le 17 janvier 2000, l’ancien directeur de la firme néerlandaise est finalement condamné par le tribunal correctionnel de Lyon. A cette occasion, on parvient enfin à apporter les conclusions au dossier en faisant le tri des responsabilités et en fixant les indemnisations : à l’époque, la Shell s’était lancée dans des travaux d’extension et la fabrication d’un additif hautement inflammable sans l’autorisation de l’administration et il aura suffit d’une pompe défectueuse sur la cuve accueillant l’adjuvant prohibé pour déclencher la catastrophe…

 

Incendie du Port Edouard-Herriot / J.-P. Vacher, juin 1987 (BML, FIGRPT1601).

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *