De Lugdunum à Lyon smart-city, la carte dans tous ses états

- Modifié le 04/09/2017 par Guillaume GELAY

Représentations de la Capitale des trois Gaules

"Lugdunum". Dans le cartouche  de droite: "Lyon, Qui de la France Sers de force et rempart, Lyon, qui de plaisance Reluis de toute part. La Riviere du Rhosne doucement decoulant Qui embrasse la Saone Te rendent opulent".
"Lugdunum". Dans le cartouche de droite: "Lyon, Qui de la France Sers de force et rempart, Lyon, qui de plaisance Reluis de toute part. La Riviere du Rhosne doucement decoulant Qui embrasse la Saone Te rendent opulent". In: Georg Braun. Théâtre des cités du monde. Cologne?, ca. 1575. P. 11. Cote: Rés 5133, T. I

Tout juste Auguste, Lugdunum épicentre

L’objectif d’Auguste (premier empereur romain, qui règne de 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.) est d’agrandir l’Empire par-delà le Rhin, avec en point de mire la Germanie. Il cherche un endroit stratégique en Gaule qui serait sa tête de pont servant de point d’appui logistique ou de zone de repli stratégique le choix se porte sur Lyon.

En effet Lucius Munatius Plancus fonde Lugdunum en 43 avant J.C. Lieutenant de César pendant la  guerre des Gaules, il a combattu en Espagne et Libye, fut gouverneur de la Gaule chevelue et finit préfet de Rome. La colonie s’installe à Lyon plutôt qu’à Vienne. Vienne, pro-gauloise, est un passage obligé à cette époque pour traverser le Rhône. Plancus préfère partir de rien et s’implante sur le plateau de la Sara. La colonie fait quarante hectares. Les premiers colons sont des tribus espagnoles ou  des affranchis libyens. Les affranchis sont des anciens esclaves à qui l’on a promis monts et merveilles et surtout de faire un pas vers une prochaine liberté. A Rome on écrit sur les murs, en latin bien sûr, « Lyon ville prospère et bénie des dieux ». On n’attire pas les mouches avec du vinaigre, on donne envie de venir. Car là-bas mon petit gars, ce que tu ne sais pas, à Lyon il y a deux fleuves. C’est là que sera la capitale des  3 Gaules – la 4ème ne compte pas, la Narbonnaise étant directement contrôlée par Rome. C’est là, l’épicentre des pouvoirs politique, religieux et économique. La colonie d’abord puis la future capitale se créent et se développent en utilisant un plan en damier propagé par Hippodamos de Milet.

Hippodamos de Milet est un géomètre et ingénieur du Ve siècle av. J.-C., qui fut aussi planificateur urbain. Ses travaux se caractérisent par l’utilisation systématique du plan en damier. La première réalisation qui lui soit attribuée[] est l’aménagement du port d’Athènes, Le Pirée. Il jouit encore d’une réputation de père de l’urbanisme pour avoir introduit des règles d’alignement et d’organisation dans des villes où régnait précédemment une forme d’anarchie urbanistique, source de complexité et de confusion. Un plan hippodamien, ou en damier, est, en urbanisme, un type d’organisation de la ville dans lequel les rues sont rectilignes et se croisent en angle droit, créant des îlots de forme carrée ou rectangulaire visant la rationalisation de l’espace dans un but fonctionnel et facilitant ainsi l’organisation et la circulation des habitants

 

Agrippa (beau-frère d’Auguste)

Agrippa est missionné à Lyon entre 20 et 18 avant J.C. pour établir un réseau routier en étoile d’abord à 5 branches puis à 7 dont le centre est Lyon (Lugdunum) s’appuyant sur des chemins existants d’origine gauloise. Il développe le réseau des voies romaines qui comme chacun le sait mène à Rome, facilitant les conquêtes, les communications et les échanges.

Carte interactive des voies romaines en France

Aménagement de la Presqu’île 20 avant J.C 50 après

Lors de la conquête des Gaules, César avait dû passer par Vienne car le passage du Rhône était trop difficile à Lyon. La presqu’île, qui n’en n’était pas une, était fractionnée en trois parties : le Rhône rejoignait la Saône en trois endroits formant des îlones, un au niveau de Bellecour, un au niveau des Cordeliers et le dernier au niveau des Terreaux – terme qui signifie terre de remblai. Les travaux d’aménagements de la presqu’île qui durèrent 70 ans permirent aux Romains de gagner en surface habitable et de faire face à la demande. Lugdunum est capitale des Gaules depuis 27 avant J.C. La colonie du départ se construit sur le plateau de la Sara puis s’étend à Fourvière, gagne les bords de Saône et enfin la Presqu’île. C’est au Ier siècle que Lugdunum atteint son apogée en termes d’influences, de développement et d’attractivité. En 19 après J. C. se construit l’amphithéâtre des 3 Gaules, lieu de de réunion des représentants des 60 tribus gauloises. Au premier siècle sa capacité d’accueil s’agrandit pour passer de 1800 places à sa construction à 10 000 ou 15 000 places. Lieu du pouvoir politique, il s’ouvre aux spectacles (combats de gladiateurs, chasses…). Il ressemblait à ce que l’on peut voir à Arles ou Nîmes. On l’appelle amphithéâtre des 3 Gaules, mais aussi amphithéâtre du Confluent, preuve qu’en 19 après J.C. le confluent se trouvait au niveau des Terreaux. Cette double appellation fut source de confusion pour les archéologues du 19ème siècle. On positionnait l’amphithéâtre au niveau du confluent que l’on connaissait alors, c’est-à-dire au niveau d’Ainay.

 

Lyon Renaissance

En 197 après J.C. c’est le déclin de Lugdunum. Fourvière est abandonnée, les habitants se regroupent en bord de Saône et Presqu’île. Les monuments (théâtre, cirque, odéon et amphithéâtre, soit 4 équipements culturels ou de spectacles ce qui était une exception en Gaule) sont démantelés et servent de carrières. Au moment de la Renaissance, on redécouvre l’Antiquité et Lugdunum. On retrouve par exemple en 1528 à proximité de l’amphithéâtre les Tables claudiennes, du nom de l’empereur Claude qui naquit à Lyon. Pierre Sala construit une maison rapidement nommée Antiquaille en raison des nombreuses découvertes archéologiques qu’il fait sur son terrain. L’influence de Florence et la perméabilité des arts donnent à Lyon un nouveau souffle comme le rappelle cette vidéo.

In: Georg Braun. Théâtre des cités du monde. Cologne?, ca. 1575. P. 11. Cote: Rés 5133, T. I

Lyon dans le théâtre des cités du monde 1574  dont voici la description: « Lion est ville tres grande en la Gaule qui est deça les monts, laquelle porte en francoys le nom du genereux Lion, hauteur de courage et de noblesse, et est tellemnt à persent pourveu d’hommes pleins de vaillance et sagesse, musnie et environnee de murailles, remparts, fossez et boulverts environnee deux rivieres, quelle en est imprenable par force, et pour estre defendue de la closture des hauts rochers et de son assiette naturelle, qu’elle peut estre à bon droict dite la clef et ouverure de la France, estant au tout bout d’icelle. Elle a son nom, comme dit le docteur Becanus, des terres ou mottes, qui estoyent en la première et ancienne langue appelez Dunem, comme on les appelle encore aujourd’huy en bas Aleman, duquel nom ils appellent tous lieux montueux, et qui sont en pente, …  Basties en montaignes ou collines, comme est Lion, par lequel nom signifie une colline de bonne fortune.  »

Dans le bas à droite sont représentés deux personnages en habits, un seigneur et sa dame. Au-dessus d’eux un cartouche contient les vers suivants

« Lyon, qui de la France, sert de force et de rempart, Lyon, qui de plaisance reluis de toute part. La rivière du Rosne doucement découlant qui embrasse la Saone te rendent opulent. »

 

Plan de la Guillotière

BML 5170 – Plan général du bourg de La Guillotière, mandement de Béchevelin en Dauphiné par … Mornand, Fac-similé publié par la Société de Topographie historique de Lyon 1875 (plan d’avant 1789)

La Guillotière n’est pas dense en termes de population, hormis la grande rue (qui existe toujours), elle est surtout composée de fermes et de clos disséminés, pour l’essentiel ce sont des terres agricoles et cultivées (seigle, froment) car longtemps  elle fut zone inondée et  inondable (la crue de 1856 fit 18 morts à la Guillotière). L’apparition des quais et leurs aménagements participent à mieux tenter de canaliser le Rhône.

Ci-joint voici le PPRI : Plan de Prévention des Risques d’inondation du Grand Lyon

 

Lyon en 3D

Pour voir Lyon en 3D c’est par ici.

Si cet article vous a fait fondre et que vous avez perdu la boussole, vous trouverez dans cette carte interactive des points frais de Lyon, téléchargeable sur votre téléphone ou tablette, utile pour la saison.

Cet article fait parti du dossier Voyage en cartographie.

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One thought on “De Lugdunum à Lyon smart-city, la carte dans tous ses états”

  1. Chronique intéressante…

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