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Et quelque fois j’ai comme une grande idée

Ken Kesey

Véritable tour de force, roman monstre, le livre culte de Ken Kesey - également auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou - reste inclassable si ce n’est, peut-être, aux côtés d’un autre chef-d’œuvre de la littérature, Les Frères Karamazov de Dostoïevski.

Dans cette tragédie antique, la nature immémoriale et luxuriante du nord-ouest des Etats-Unis, sur laquelle l’action de l’homme ne semble avoir que peu de prise, toise l’affrontement de deux frères sous l’ombre tutélaire d’un père indigne et despotique. Deux mondes s’affrontent, avec d’un côté, le pionnier et de l’autre, le hippie – Ken Kesey a écrit son livre en 1964. Car, c’est aussi un roman sur la modernité, sur un monde – celui des pionniers  – qui se termine.

Ici, on l’aura compris, la nature n’est pas un simple décor. La rivière, entité vivante et personnage principal du roman, se moque des vanités humaines qu’elle aura tôt fait d’ensevelir. Ses flots font écho au tumulte impétueux des mots, des pensées dans un flux ininterrompu. La virtuosité narrative de Ken Kesey nous impressionne. Les voix intérieures des différents personnages s’entremêlent au sein du même paragraphe ou de la même phrase tout en restant identifiables par le registre de langue.

On comprend mieux pourquoi ce chef d’œuvre aura dû attendre 2013 avant d’être traduit en France par les éditions Monsieur Toussaint Louverture, qui se sont fait une spécialité de défricher des pépites américaines oubliées.

Voir dans le catalogue de la BML

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