Tout près de Lyon, des légumes rustiques de nouveau cultivés grâce aux semences russes

- Modifié le 12/04/2019 par Département Lyon et région

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Le domaine Melchior Philibert à Charly Photographes en Rhône-Alpes, Jean-Pierre Boursier

Depuis 1894, le plus ancien conservatoire de semences, l’Institut Vavilov basé à Saint-Pétersbourg conserve et reproduit  325 000 variétés  de graines. C’est à Charly (Rhône), sur le domaine Melchior Philibert, le 11 avril 2019 qu’on inaugure sa première antenne hors de Russie. Sur un terrain sécurisé de quatre hectares, la station de conservation et de multiplication de semences contribuera à faire revivre des fruits et des légumes oubliés.

A  l’occasion de cette ouverture trois variétés seront solennellement planté : un maïs de Bresse du XVIIe siècle, un tournesol russe très mellifère à plusieurs tiges et plusieurs fleurs, et un haricot grimpant.

L’enjeu, c’est de « développer au maximum la biodiversité cultivée », de manière à repérer les plantes résistantes à la sécheresse et aux maladies, comme le fait l’Institut Vavilov en collectionnant les végétaux du monde entier, explique à l’AFP Benjamin Canon, du fonds pour la diversité biologique De Natura, coordinateur du projet qui réunit entreprises, associations, collectivités et fondations du Crédit agricole.

Le CRBA, Centre de ressources de botanique appliquée, créé en 2008, dirigé par Stéphane Crozat ethnobotaniste et historien des jardins et responsable scientifique du projet a noué à partir de 2014 un partenariat avec la banque de semences russe fondée entre les deux guerres par le botaniste et généticien Nicolas Vavilov. Le CRBA a déjà constitué en Rhône-Alpes  un réseau de jardins conservatoires.

« Les végétaux n’arrivent pas à suivre le réchauffement » Il est donc « urgent d’agir », selon Stéphane Crozat, « dans 10 ans il sera trop tard », le changement climatique va beaucoup trop vite, les plantes ont déjà du mal à s’adapter » estime-t-il, en citant l’avancée d’un mois de la floraison de certains végétaux qu’il constate en région lyonnaise.

Le budget alloué à la station de Charly est d’un montant de 400 000 euros par an et devrait comprendre un centre de documentation, une pépinière et une boutique. Le projet prévoit aussi le lancement de 15 jardins connectés entre eux dans différentes villes de France afin de sensibiliser le public aux enjeux de la biodiversité.

Les botanistes vont comparer les espèces en les faisant pousser en France et en Russie avec les mêmes protocoles pour suivre leur comportement et leur adaptation aux maladies et au climat et considérer aussi bien sûr leurs qualités nutritionnelles.

 

 

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