Hommage à Armand Gatti

- par Helena

Armand Gatti, véritable légende vivante, s’est éteint le 6 avril dernier à l’âge de 93 ans. Né en 1924, il est résistant à 16 ans, puis journaliste, poète, cinéaste et enfin dramaturge à partir de 1961. Il marque alors le théâtre par ses expériences collectives et son souffle révolutionnaire.

Son engagement et son idéologie pacifiste lui viennent de son père anarchiste italien. « Chez nous, dans ma famille, les armes sont les livres, les combats sont les mots, la révolution c’est les mots ! » Son premier succès sur scène est La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G., inspiré de la vie de son père matraqué à mort pendant une manifestation au début des années 40. Dès lors, il est une des figures montantes du théâtre de gauche dit “engagé” : il écrit sur Sacco et Vanzetti, sur la guerre au Vietnam…

En 1968, la représentation de sa pièce sur Franco est interdite. Gatti sort alors du théâtre dit institutionnel et se plonge dans des projets participatifs. Il travaille notamment avec des exclus – chômeurs, prisonniers, ex-drogués – dans toutes sortes de lieux, en France et à l’étranger, dans des projets faits d’ateliers d’improvisation, d’écriture et de jeu.  Son idée est de créer un “théâtre qui ne soit ni un théâtre psychologique, ni un théâtre historique, ni un théâtre politique, ni un théâtre de personnages. C’est un théâtre de langage, porté – face à la cité – par les exclus du langage”. Il fonde l’Atelier de création populaire en 1982, puis en 1986 La Parole errante, lieu culturel, à Montreuil en Seine Saint Denis.

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