Des robots et des livres

- par Léa G

On n’a de cesse de déclarer que la littérature perd pied, que le roman agonise, au même titre que le marché du livre : et pour cause, le divertissement étant à portée de main, sur smartphone et autre support, pourquoi devrait-on continuer de lire : mieux vaut tourner la page au figuré qu’au sens propre, non ?

 

dessin d'robot en train de lire, assis sur une pile de livres

 

Mais voilà que la littérature est confrontée à l’essor numérique non seulement dans sa forme (la liseuse, la tablette, etc.) mais surtout, dans son fond.

En effet, il semblerait que la nouvelle tendance soit à faire collaborer l’intelligence artificielle et l’algorithme avec le livre, l’auteur et l’éditeur, comme le montrent ces trois projets de jeunes entreprises 2.0 :

  • D’origine canadienne, la plateforme web Wattpad permet à des millions d’usagers d’échanger autour de la création littéraire en tant que contributeurs ou bien lecteurs. Suite -entre autre- à l’énorme succès commercial de la saga After qu’Anna Todd avait d’abord publié sur Wattpad, les fondateurs ont récemment décidé de monter leur propre maison d’édition, se servant pour ce faire d’un logiciel visant à repérer les textes susceptibles de rencontrer le plus de succès au sein des milliers partagés sur la plateforme, grâce à un algorithme combinant un aspect qualitatif du texte et l’audience rencontrée en ligne.
  • En France, Scribay, un autre réseau social dédié à la pratique littéraire propose à ses adhérents aspirants écrivains de se perfectionner à l’écriture grâce à des modules d’entrainement et programmes d’écriture en ligne, sorte de formule « salle de sport » pour écrivains en devenir, le coach veillant au bon travail des adhérents n’étant autre qu’un algorithme littéraire.
  • En Allemagne, la Start up QualiFiction propose une nouvelle approche pour les éditeurs, submergés de manuscrits que leurs lecteurs ne peuvent assimiler tant ils sont nombreux : ainsi, QualiFiction a mis en place un logiciel doté d’une Intelligence Artificielle qui a pour objectif de détecter grâce à un algorithme si un manuscrit a pour vocation de devenir un « best-seller » ou non, et ce en quelques secondes d’analyse. L’éditeur, suite à cela, pourra faire la sélection des manuscrits les plus prometteurs pour gagner du temps dans son travail.

Trois exemples qui montrent bien que la littérature est loin d’avoir dit son dernier mot et qu’une mutation de cette dernière en raccord avec nos avancées technologiques est déjà en cours.

Mais attention, tout de même à ne pas perdre le « bon grain » littéraire dans cette course au « best-seller » : rappelons-nous tout de même que bien des textes faisant aujourd’hui référence, à leur sortie, n’avait pas rencontré tel succès, et que le risque d’un tel virage éditorial serait celui –très dangereux- d’une production littéraire amoindrie, lisse et sans saveur…


Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *