VIH/Sida : les idées reçues ont la vie dure

- Modifié le 21/06/2017 par Cécile Cap'culture santé

Alors que s’achève la 24e campagne annuelle du Sidaction, les français se sentent mal informés, sous-estiment les menaces du virus et ne se sentent pas concernés par les risques liés à la maladie.

Sida ça plombe l
Sida ça plombe l'ambiance Tangi Bertin. Licence CC on Flickr

Le récent sondage réalisé par l’Ifop et Bilendi sur demande du Sidaction pointe que le sentiment d’information a baissé de 10 points par rapport à 2014 avec une méconnaissance forte partagée par toutes les classes d’âge et une sorte de banalisation du VIH/sida.
Par manque d’information, les jeunes (et les moins jeunes) sous-estiment les menaces du virus et ne se sentent pas concernés par les risques liés à la maladie…

44% des français ne différencient pas VIH et SIDA

« Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est l’agent pathogène qui provoque une infection chronique pouvant aboutir, en l’absence de traitement antirétroviral (ARV), à une immunodépression caractérisée baptisée « sida » (Syndrome d’Immuno déficience Acquise ). Sources : Sidaction, Ameli-santé

« Le terme VIH désigne le Virus de l’Immunodéficience Humaine. Lorsqu’une personne est infectée par ce virus, celui-ci va détruire progressivement certaines cellules qui coordonnent l’immunité (c’est-à-dire les défenses de l’organisme contre les microbes).

Pixabay, Licence C0

Au fil du temps, ces cellules deviennent de moins en moins nombreuses et l’immunité est de moins en moins efficace. Des maladies de plus en plus graves peuvent alors se développer. Certaines maladies sont appelées « maladies opportunistes » parce qu’elles profitent de la diminution de l’immunité pour se développer. Lorsqu’une personne a une ou plusieurs maladies de ce type, on dit qu’elle a le sida (Syndrome d’Immuno Déficience Acquise).

L’organisme n’est pas capable d’éliminer complètement le VIH. Cependant, quand quelqu’un a le VIH, il ne va pas être malade tout de suite car le VIH met en général plusieurs années avant de détruire les défenses immunitaires. On ne parle de sida que lorsqu’une personne développe une maladie opportuniste.

Quand une personne a le sida c’est qu’elle a déjà forcément le VIH. Alors que toutes les personnes infectées par le VIH n’ont pas forcément développé le sida. Les traitements actuels ont pour but d’empêcher que l’infection par le VIH évolue vers le sida et aussi de soigner le sida chez ceux qui l’ont déjà développé ». Source : Sida info-service

Modes de transmission : les idées reçues ont la vie dure

Non, on n’attrape pas le SIDA en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques, ni en embrassant une personne séropositive. Contrairement à ce que pensent près d’un français sur 6 : il n’est pas possible d’être contaminé par un siège de toilettes publiques, un baiser ou par la transpiration.
Le préservatif reste le meilleur moyen de protection.

 

Il existe UNIQUEMENT trois modes de transmission du VIH :

  • la voie sexuelle lors de rapports vaginaux, buccaux ou anaux non protégés.
    Ce sont les rapports sexuels sans protection qui peuvent transmettre le VIH, que ce soit vaginal ou anal (réceptif ou insertif). Il peut également y avoir un risque avec la fellation si la bouche présente des lésions (pathologies dentaires, plaies, aphtes, etc.). Il en est de même avec l’ingestion de sperme. En revanche il n’y a quasiment aucun risque pour le cunilingus. Le virus ne survit pas à l’air et ce contact n’est pas assez pénétrant.
  • la voie sanguine, lorsqu’il y a échange de sang
  • de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

Le traitement d’urgence en cas de prise de risque est méconnu

57% des français se disent mal informés sur la marche à suivre en cas de prise de risque.

Au plus vite et dans les 48h qui suivent le risque d’exposition au VIH, il faut se rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche.

Le médecin – s’il l’estime nécessaire- délivrera un traitement post-exposition (TPE).

Il s’agit d’une trithérapie à suivre tous les jours pendant un mois. Le but étant de limiter les risques de transmission du VIH.

Après ce traitement, il faudra encore être suivi régulièrement avec un médecin infectiologue pendant trois mois.

Si votre prise de risque remonte à plus de 48h, même s’il est trop tard pour envisager un traitement d’urgence, cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. Pour savoir si vous avez ou non été contaminé par le VIH, vous ne pouvez pas vous fier à d’éventuels symptômes : la seule solution c’est de faire un test de dépistage.

Dépistage : les français ne savent pas vers qui se tourner

On estime que 153 000 personnes vivent avec le VIH en France, dont 25 000 ignorent encore qu’elles sont séropositives. Tous les ans, on compte en moyenne 6 000 nouvelles découvertes de séropositivité.

Bien que 71 % des Français déclarent avoir peur du sida, seule une personne sur deux sait qu’il existe un autotest de dépistage vendu en pharmacie.

Près de la moitié (42 %) des Français estiment par ailleurs être mal informée sur les lieux où aller pour se faire dépister. Ces pourcentages sont identiques chez les 15-24 ans et dans l’ensemble de la population.

Victor. Licence CC on Flickr

Il n’existe pas encore de médicaments pour guérir du SIDA, on vit avec

Contrairement à une idée reçue, aucun médicament ne permet encore de détruire le VIH, ni de guérir du sida.

La tri-thérapie est un traitement qui « endort » le virus : il limite seulement les symptômes.

Cela repose sur la prise de médicaments antiviraux spécifiques, prescrits sous forme d’associations de trois médicaments. C’est un traitement qui se prend à vie.

Sidaction mène par ailleurs une campagne intitulée « la vie avec », visant à mettre en avant des témoignages de personnes vivant avec le VIH.

Sources :

 

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