A redécouvrir

Sonate, concerto, quatuors… / Norbert Burgmüller

- Modifié le 28/03/2017 par Département Musique

« Après la mort prématurée de Franz Schubert, aucune ne pouvait nous toucher de manière plus douloureuse que celle de Burgmüller. Au lieu de décimer parmi les médiocres, que l’on trouve à la pelle autour de nous, le destin nous prend nos meilleurs généraux » (Robert Schumann, 1836)

Un peu plus qu’un disque, c’est un compositeur oublié que nous proposons cette fois de redécouvrir.

Né en 1810, en même temps que Schumann et Chopin, et mort en 1836, la vie de Burgmuller a tout du chromo du musicien romantique maudit.
L ’amitié et l’admiration de Mendelssohn et Schumann ne le protégèrent pas de violentes et douloureuses ruptures (celle de ses fiançailles en premier lieu, suivies de peu par la mort de la promise) ni de l’épilepsie et de l’alcoolisme, qui l’amenèrent à mourir noyé lors d’une cure thermale…
Son enterrement compta une longue procession d’admirateurs, et Mendelssohn composa pour l’occasion sa marche funèbre op.103.

Norbert Burgmüller

Burgmuller n’aura composé qu’une vingtaine d’opus, parmi lesquels une sonate pour piano, deux symphonies (la 2è ayant été complétée sans être achevée par Schumann), deux quatuors et un concerto pour piano.
On y trouve une palette d’héritages maîtrisés et d’audacieuses préfigurations qui suivent Beethoven (3è quatuor), appellent Brahms (notamment dans les symphonies), évoquent Schumann et Spohr (son professeur), et surtout Schubert, sans doute le musicien le plus proche de sa sensibilité.

Pourtant, au-delà des références, c’est l’originalité, la forte personnalité de sa musique qui retinrent l’attention des critiques contemporains de Burgmüller. Chez un compositeur qui écrit son premier quatuor à 15 ans et une magnifique sonate pour piano à 16, l’ardeur juvénile, l’art de la modulation, le sens mélodique sont déjà affranchis de la redite révérencieuse ou de l’exercice scolaire, rappelant en cela l’espagnol Juan Crisostomo Arriaga, autre météore contemporain de Burgmüller et auteur de splendides quatuors.

Le critique du blog Passée des arts écrit avec justesse à propos de la sonate :

« Il y a quelque chose d’éperdu et de profondément poignant dans la lutte permanente que semblent se livrer courage et résignation dans cette sonate qui ne cesse de déployer une fantastique énergie, presque euphorique dans le brillant dernier mouvement, jusqu’à ce que l’irrépressible élan qui l’emporte vienne se briser sur les dernières mesures, se muant en une sorte de rage muette martelée par les derniers accords. »

Dans le catalogue de la BML

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