Que peut-on pour les sans-abris ?

- Modifié le 28/10/2017 par Département civilisation

Aujourd'hui débute la trêve hivernale en France. Emmanuel Macron a affirmé cet été sa volonté de ne plus voir personne dormir dans la rue, sans que l’on sache tout à fait s’il vise seulement les migrants, ou s’il compte étendre cet objectif à tous les sans-abris, reprenant ainsi un air entonné par ses prédécesseurs hélas sans résultat.

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Au contraire, on assiste à une augmentation du nombre de sans-logis, de plus de 50 % depuis 2001, soit entre 150 000 et 200 000 selon l’association ATD Quart-Monde. Si le terme de sans-logis regroupe des situations très différentes, sont pointés du doigt notamment le manque d’hébergements d’urgence, des délais de traitement des demandes excessifs, notamment pour les demandeurs d’asile, le durcissement des procédures d’expulsion des logements occupés ou encore les difficultés d’accès aux prestations sociales (notamment le RSA, dont le taux de non-recours est élevé).

Le monde associatif tente régulièrement d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur ces questions. On se souvient de la mobilisation des Enfants de Don Quichotte autour du Canal Saint-Martin qui avait favorisé l’adoption d’une loi instituant le droit au logement opposable (DALO). Hélas celui-ci est insuffisamment appliqué.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron propose de multiplier les hébergements d’urgence. La durée des procédures d’asile (beaucoup plus longues qu’en Allemagne) et le non-recours aux aides sociales sont également dans le viseur des acteurs publics.

Depuis quelques années, la Finlande a considérablement endigué le problème du sans-abrisme, passant d’environ 20 000 à 6 000 sans-logis. En proportion, la Finlande compte donc deux fois moins de personnes sans logement que la France. La solution ? Loger les sans-abris ! Considérant que disposer d’un logement constitue le point de départ vers la réinsertion, la Finlande a mis au point une politique ambitieuse pour construire davantage de logements et apporter des solutions pérennes, afin de permettre au plus grand nombre d’avoir un « chez-soi », plutôt que de proposer des aides d’urgence éphémères (et souvent insuffisantes).

Cette solution suffirait-elle à résoudre le problème en France ? S’il serait utile de s’en inspirer, ce que font déjà certaines associations localement, rappelons que les sans-abris présentent des profils plus variés en France, où l’on recense davantage de personnes d’origine étrangère. Or pour accéder au logement social, il faut avoir des papiers ou bénéficier d’ores et déjà du droit d’asile, ce qui laisse de nombreuses personnes en marge de ce dispositif.

Couverture de la BD : Panique dans le 16èmeAutre sujet d’inquiétude pour les observateurs : la progression de ce qu’ils appellent la « pauvrophobie », alors que 14 % des Français vivent en-dessous du seuil de pauvreté, et que la peur du déclassement grandit. L’incendie volontaire d’un centre d’hébergement dans le XVIe arrondissement de Paris, en octobre 2016, dont se sont récemment inspirés les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans une bande dessinée, semble être l’illustration de cette « peur du pauvre ».

 

Sur le sujet, voir cette passionnante étude ethnologique et psychopathologique de Patrick Declerck, Les Naufragés, Avec les clochards de Paris, Pocket, 2005

 

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One thought on “Que peut-on pour les sans-abris ?”

  1. RAPHAEL jean dit :

    trop de cerveau ou de cervelet connectés il faut peut-etre que vous cessiiez de manipuler les autres etres humains sur la planete terre.

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