Musique

La Première Gnossienne de Satie : les métamorphoses d’un tube

- Modifié le 15/11/2017 par Département Musique

C'est sans doute une marque du génie que d'être unanimement source d'inspiration : vouloir recenser les innombrables reprises et versions de la première Gnossienne de Satie serait illusoire. Ce petit article ne prétend donc pas épuiser le sujet mais se veut une invitation à la découverte.

partition première Gnossienne de Satie

 

Composée en 1890, la première des six Gnossiennes pour piano est particulièrement remarquable. Sa mélodie lancinante ponctuée d’appogiatures est à proprement parler magnétique.  C’est une oeuvre insaisissable, hors du temps : Satie s’est d’ailleurs abstenu de la découper en mesures ;  énigmatique : l’origine même du nom  « gnossienne » fait débat et que signifient au juste les didascalies sibyllines sur la partition ? La première gnossienne semble se prêter à toutes les interprétations, toutes les appropriations avec une crédibilité et une force sans pareilles. Bref une espèce de sublime slime musical, et ça marche toujours. Rien d’étonnant donc à ce que ce chef-d’oeuvre soit devenu un tube, toutes catégories confondues.

Au gré de cette déambulation musicale nous vous suggérons de ne pas tout écouter au fastidieux kilomètre mais de faire votre sélection  à l’intérieur de notre sélection, picorez, zappez, écoutez au hasard, cliquez au pif, à l’envie ou à l’envi …

Du piccolo au saxo, toute la clique est au rendez-vous :

  • Une jolie version par le magnifique guitariste finlandais Otto Tolonen :

 

  • Le violon est rejoint par l’accordéon, guitare et contrebasse,  pour une atmosphère balkanique :

 

  • ou au choix, une ambiance plus hitchcokienne :

 

  • Aristocratique et éthérée, en solo cette fois, la harpe très distinguée est assez séduisante :

 

  • tandis qu’on est moins convaincu par la prise de rôle du trompettiste , mais pourquoi pas …

 

  • En revanche les sonorités boisées et pastorales des hautbois, cor et basson habillent à merveille la mélodie de Satie :

Impossible d’épuiser toutes les instrumentations, on dirait que toutes et leurs contraires ont été testées et l’on se plait à rêver le thème décliné et boléré par Ravel.

  • D’ailleurs à propos  d’orchestration en voici une charmante, bucolique et nostalgique :

 

  • ou encore, une resucée syncopée et cuivrée par la bonne grosse fanfare qui retravaille Satie à la savate, et avouons-le, avec brio :

 

En sus, quelques propositions pertinentes quoiqu’insolites, de derrière les fagots :

 

  • Les cordes à vide du banjo en guise de bourdon têtu et entêtant (très Satie),  c’était malin et bien vu :

 

  • Le sobre et minimal  ukulé  fait également très bien l’affaire.

 

  • De même le choix du bandonéon  populaire semble couler de source, mais côté anches Satie peut aussi s’entendre plus pavane que  musette

 

  • Plus gonflé, il fallait oser,  mais en parfaite adéquation avec le thème dolent et  gémissant de Satie, les miaulements bluesy et guimbardisants de la slide guitare sont absolument parfaits : on se croirait en Gnossie, carrément  :

 

  • Par son côté oriental (il n’a échappé à personne que la mélopée modale de Satie tire et attire vers l’orient) la fûte indienne est également une option bienvenue :

 

  • Idem de l’oud qui, acoquiné avec la clarinette nasillarde, offre cette même belle couleur orientalisante, on aime tes états d’âme, Erik.

 

  • Mon choix : une pépite, déconstruite et post-moderne, avec son ostinato de synthé genre marimba from outer space et ses glissandi un peu visqueux de thérémine :

Après cet aperçu (ô combien parcellaire) d’un instrumentarium décidément plein de générosité et d’imagination, voici quelques ambiances, quelques métamorphoses panachées. Certains caméléons l’aiment :

  • Reggae / dub :

 

  • Rock, avec un brin de larsen :

 

 

  • Simplement mais amplement samplé  :

 

  • Encore plus simple : sans chichis aux grandes orgues (ras-le-bol de la Marche Nuptiale)

 

 

  • Dans une mise en zen très lounge enfin, pour une bouddhisterie d’ameublement, que le génial Erik n’aurait probablement pas désavouée :

et caetera  …

Inépuisable disions-nous.

Comme une invitation à partir en voyage

 

Partager cet article

Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *