Vegan : tendance ou meilleur mode de vie ?

- par Johanna VOGEL

Alors que les options végétariennes se multiplient depuis 10 ans dans les restaurants et les réfectoires pour répondre à la diversité des contraintes ou des choix alimentaires de chacun, un courant plus radical de la consommation sans viande veut se faire entendre : le véganisme.

Vache Highland
Vache Highland Vache Highland, Écosse

Végétarien ? Végétalien ? Végan ?

Au-delà des choix alimentaires que l’on fait par goût, il est des personnes qui décident de ne pas manger de viande par conviction. Refus de la souffrance animale constatée dans de nombreuses exploitations et dans les abattoirs, réaction au déséquilibre environnemental causé par la filière de l’élevage et/ou volonté de ne plus tuer d’animaux pour se nourrir en redonnant au bétail un statut égal à celui des animaux sauvages ou des animaux de compagnies. Autant de combats qui mobilisent les végétariens, végétaliens et les végans. Quelles différences dans leurs modes de vie et dans leurs assiettes ?

Végétarien : ni viande, ni poisson

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Le végétarisme se définit par la non-consommation de chair animale : ni viande, ni poisson, ni fruits de mer. Les végétariens consomment par contre des aliments dérivés de la production animale, tels que le miel, les œufs, le lait, le fromage. On a longtemps confondu végétarisme et non-consommation de viande, en proposant comme menu végétarien des plats de poissons. Mais le régime végétarien a trouvé sa place et il est même encensé par certains médecins comme ayant des effets positifs sur la santé. Les végétariens auraient moins de risques d’être victimes de maladies cardiaques ou de contracter un cancer colorectal. Ils auraient même une plus grande espérance de vie.

 

Végétalien : un régime végétal et minéral

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En plus de la viande et du poisson, le végétalisme exclut tous les aliments d’origine animale : produits laitiers, œufs, gélatine, miel, etc. Le plus souvent motivé par le refus de la souffrance animale et l’impact écologique de l’élevage, le végétalisme est un courant qui s’est d’abord confondu avec le véganisme, au moins dans le vocabulaire : végétalien est la première traduction francisée du terme anglais « vegan ». Le premier article Wikipédia France qui définit le végétalisme date de 2003 alors que la première définition de l’encyclopédie collective du véganisme date de 2007.

 

Végan : contre l’exploitation animale

Cheval de trait

Quand le végétalisme gagne en médiatisation et reçoit l’estampille de « tendance » à l’instar du sans gluten, une distinction sémantique s’opère pour marquer deux niveaux d’engagement. Le végétalisme désignerait désormais strictement un régime alimentaire, alors que le véganisme est un mode de vie au sens large. En plus des choix alimentaires, les végans rejettent tous les produits issus de l’exploitation animale (cuir, fourrure, laine, soie, cire d’abeille, perle…) ou testés sur les animaux (donc certains cosmétiques, médicaments…). Ils appellent à la suppression des activités de loisirs qui utilisent les animaux (zoos, cirques, chasse, corrida…). Qu’ils appliquent ou non cette doctrine dans son intégralité, les végans se positionnent comme défenseurs de la cause animale.

 

La petite histoire du véganisme

Dès l’antiquité paraissent des régimes qui excluent la consommation de chair animale, notamment en Inde et dans les sociétés méditerranéennes orientales. Vers 500 avant J-C, l’illustre mathématicien grec Pythagore revendique déjà son végétarisme. Les disciples rigoureux du bouddhisme et de l’hindouisme partagent la conviction que l’homme ne doit pas infliger de souffrance à d’autres animaux et ne consomment également pas de viande.

Logo Vegan Society

Le logo Twitter de la Vegan Society

Le mode de vie végan tel qu’on le conçoit aujourd’hui a été théorisé il y a plus de 70 ans en Angleterre. Dérivé du mot végétarien, ce néologisme est attribué à l’association The Vegan Society et son fondateur Donald Watson en 1944. Les premières publications de livres de recettes véganes datent elles aussi de la fin des années 40.

Mouvement marginal mais bien identifié par le public aux États-Unis et en Angleterre, il trouve sa place en France avec des initiatives associatives d’ampleur à partir de 2010, dont la création de la Société végane francophone. Le terme véganisme fait son entrée dans le dictionnaire Hachette 2013, et dans le Larousse en 2015.

La définition du véganisme par The Vegan Society : « arrêter l’utilisation des animaux par les hommes à des fins de nourriture, de marchandise, outil, gibier, pour la vivisection, et tout autre usage qui implique l’exploitation de la vie animale par l’homme. »

Régime végan et carences ?

Slogan anti-vegan

Slogan anti-vegan

D’un point de vue nutritionnel, les végans doivent bien surveiller leurs apports quotidiens et conserver une alimentation suffisamment diversifiée. Les protéines végétales peuvent remplacer les protéines animales à condition d’être consommées en bonnes proportions. Si ces précautions sont suivies correctement, chacun peut se passer de produits animaux sans pour autant être carencé. A une exception près : la vitamine B12, essentielle aux globules rouges, est absente des végétaux et devra être suppléée au moyen de compléments alimentaires. La plupart des produits manufacturés n’étant pas végans, la nécessité de cuisiner soi-même peut être un point santé positif du régime végétalien qui ne se veut pas du tout un régime amaigrissant.

 

Être végan au quotidien

En France, on estime que 2 millions de personnes ont fait le choix de ne pas consommer de chair animale (végétariens, végétaliens et végans confondus). Alors que le végétarisme s’est émancipé de son étiquette idéologique pour devenir un régime santé, le véganisme est toujours perçu comme un positionnement extrême. Reçu avec méfiance, le discours végan est décrié par ses détracteurs comme étant manichéen, inadapté à la réalité économique moderne et présentant un risque trop élevé d’exposition à des carences.  D’un point de vue alimentaire et d’un point de vue social, le régime végétalien est clairement contraignant. Les produits manufacturés contenant des produits laitiers sous diverses formes ou de l’œuf sont majoritaires. De même, les restaurants qui proposent une alternative végétalienne sont rares.

 

Un mode de vie qui ouvre la voie du changement

Le mode de vie végan sort de plus en plus de la confidentialité grâce au militantisme de personnalités, notamment aux États-Unis, qui dénoncent auprès du grand public la crise écologique aggravée par l’exploitation agricole. L’acteur Leonardo Di Caprio a produit en 2015 Cowspiracy : The Sustainability Secret (La conspiration des vaches : le secret du développement durable). Le film expose les effets dévastateurs et les luttes de pouvoir qui se jouent autour de la question de l’élevage.

Les récents scandales des abattoirs français sont une sonnette d’alarme pour une réforme rapide de grande ampleur des chaines de production industrielles. « C’est l’ignominie de l’élevage industriel, » affirme Dominique Lestel, philosophe et éthonologue dans Le Monde Culture et Idées. « Il y a une dégradation non seulement de l’animal, mais aussi de l’humain à travers ces pratiques. » Il souligne l’importance de reconnecter l’image aseptisée du hamburger à celui de l’animal vivant.

La planète ne pourra pas supporter longtemps les humains et leurs élevages.

Le mode de vie végan ouvre la voie du changement en pointant du doigt des problèmes environnementaux préoccupants et en témoignant que des modes de vie et d’alimentation alternatifs sont possibles. Même sans appeler au rejet de tous les produits issus de l’exploitation animale, il est essentiel de remédier à une souffrance animale qui n’a pas lieu d’être, de réformer nos modes d’exploitation et de consommation pour prendre en compte l’impact sur l’environnement de l’activité humaine.

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A découvrir dans nos collections

Recettes

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http://www.laplage.fr/tele_web/visuels_pro/1078/grand_CouvProvisoire_GNV.jpgDécrypter en toute simplicité une alimentation « saine et éthique » avec Sonja Reifenhäuser dans le Guide nutritionnel vegan : le point sur nos besoins en nutriments ; les substituts aux produits animaux ; les additifs alimentaires non végétaux ; les valeurs nutritionnelles des aliments et les produits incontournables de l’alimentation vegan.

 

 

 

http://vg-zone.net/wp-content/uploads/%C3%A0-la-fran%C3%A7aise.jpgSébastien Kardinal tente de concilier gastronomie française et cuisine végétalienne dans A la française : la tradition façon vegan.

 

 

 

 

 

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Repenser sa consommation

https://www.pocket.fr/wp-content/uploads/Catalogue/9782266256582.jpgDans Plaidoyer pour les animaux, Mathieu Ricard attire l’attention sur la manière dont les hommes traitent les animaux, sur le mal qu’ils leur font. Une invitation à changer les mentalités.

 

 

 

 

 

 

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51QwA4wYEWL._SX337_BO1,204,203,200_.jpgL’Éthique à table de Peter Singer et Jim Mason présente des habitudes de consommation alimentaire et des méthodes de production des sociétés modernes, et réflexion sur les choix des consommateurs, le commerce équitable, les OGM, l’agriculture, le véganisme et les nouveaux modes de consommation éthique.

 

 

 

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/41aA3TpGfuL._SX328_BO1,204,203,200_.jpgCharles Patterson dans son livre de Un Éternel Treblinka soutient la thèse provocatrice selon laquelle l’oppression des animaux sert de modèle à toute forme d’oppression, y compris l’horreur du nazisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

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One thought on “Vegan : tendance ou meilleur mode de vie ?”

  1. Vice Versa dit :

    Merci pour ces distinctions claires entre les trois termes.
    Au sujet de la dernière référence citée (Charles Patterson), on pourrait facilement tenir la position inverse : non pas que le traitement inhumain des animaux préfigure un traitement inhumain des humains mais au contraire que quand on commence à traiter les animaux comme des humains, on finit par traiter les humains comme des animaux…

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